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LE MONDE DE CHARLIE

Un film de Stephen Chbosky

Ceci n'est pas un teen-movie

Charlie sait que les premières années au Lycée vous font la vie dure. C'est son premier jour, et lui qui n'a aucun ami à part son journal intime se prépare au pire durant ces trois ans. Différent, d'une timidité extrême et dans son propre univers, il va vite se retrouver à l'écart de ses camarades de classe. Cependant, un jour, il fait la connaissance d'un redoublant et de sa demi sœur qui vont lui donner réellement sa chance d'exister...

Une belle surprise est arrivée sur nos écrans en ce début d’année. Inattendue sous ses faux airs de film pour adolescents, l’adaptation du roman « The Perks of being a wallflower » par l’auteur lui-même est en réalité un petit bijou d’écriture et d’interprétation où chaque personnage détient sa propre place. Avec cette atmosphère envoûtante alternant les réflexions et angoisses de Charlie avec un peu de folk et de belles scènes admirablement interprétées par l’ensemble du casting, il est aisé de se laisser porter par la délicatesse de la narration toute en apesanteur.

Stephen Chbosky prend le temps d’installer le malaise de Charlie, divulguant ça et là quelques indices insoupçonnés sur l’origine de ses visions ; celles qui l’envoient à l’hôpital et lui font commettre des choses dont il n’a aucun souvenir. Toute l’intelligence de l’auteur est de parvenir à maintenir secret, mais tout de même pesant, un mystérieux événement qui a dû bouleverser le développement du protagoniste. C’est lorsque le voile se lève, juste assez pour faire comprendre à l’audience le caractère atroce de la chose, que le film prend toute son ampleur.

Le réalisateur joue divinement et tout en finesse avec notre corde sensible, et provoque une irrémédiable empathie pour ce loser au grand cœur qui ne rêve que de trouver l’amitié. Il faut dire que Chbosky est bien épaulé grâce à de jeunes acteurs insufflant une énergie supplémentaire à la trame principale. Ezra Miller, véritable valeur montante, choisissant ses films avec soin (« We Need to talk about Kevin », « City Island », « Another happy day » ), y déploie un charisme insolent provoquant immédiatement l’adhésion. Emma Watson offre certainement l’une de ses prestations les plus touchantes et Logan Lerman, tout en retenue, fait preuve d’une touchante profondeur et adapte impeccablement son jeu à mesure que Charlie prend confiance en lui. C’est grâce à cette dynamique de groupe, composé de trois charmants désaxés, que Charlie va découvrir la vie, l’amitié, l’amour et le sexe, et que nous allons passer un bien agréable moment entouré de cette jeunesse des années 90.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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