Banniere Festival d'Annecy 2021

MOACIR

Un film de Tomas Lipgot

Buena vista social club 2

Moacir est Brésilien et citoyen argentin depuis 25 ans. Alors qu'il n'a jamais étudié la musique, il est doté d'un grand talent pour le chant. Tout chez lui n'est que musique. Il parle beaucoup, mange beaucoup, danse beaucoup, et rit beaucoup... On se demande comment son corps et son cerveau peuvent tenir le coup. Il vit seul, très humblement. Le périple dans lequel s'embarque Moacir doit lui permettre de voir s'accomplir son rêve le plus cher : enregistrer ses propres chansons et sortir un disque. Le musicien Sergio Pangaro l'accompagne dans cette expérience. Le parcours des deux artistes est fait de chants, de musique et de danse, de découragements passagers et d'incompréhensions. Mais rien ne peut venir à bout de Moacir...

Émouvant, sympathique, humain, joyeux, triste, autant d'adjectifs que l'on pourrait appliquer au documentaire de Tomas Lipgot. On a beau ne pas connaître et ne pas vraiment porter d'intérêt à cet énergumène qui se dandine à l'écran devant nous, force est d'avouer que l'on s'attache aux personnages assez rapidement. Dommage que le film ne raconte pas vraiment grand chose, en dehors du processus créatif de deux artistes pour permettre à l'un d'entre eux de réaliser son rêve en enregistrant un disque. On est porté par le courage de cet homme qui ne possède rien d'autre que sa voix et sa bonne humeur, mais on ne ressort pas de la salle avec un souvenir impérissable non plus.

Bien rythmé et bien mené, notamment grâce à la présence du musicien Sergio Pangaro, véritable catalyseur de la tornade Moacir, le film a un défaut qui est également son unique intérêt : on a vite fait le tour de la question et il n'y a finalement pas grand chose à raconter. L'ensemble y aurait peut-être gagné en intérêt en mêlant, pourquoi pas, le parcours de Moacir à celui d'autres artistes de son mouvement, réalisant ainsi le témoignage d'une époque et d'un style, bien plus révélateur et intéressant que le parcours d'un unique individu. Dommage.

François ReyEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire