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MIGRATION

Un amusant voyage, qui ravira les enfants

La famille Colvert vit, composée des parents, Mack et Pam, et de leurs deux petits, Dax et sa petite sœur Gwen, vit dans un étang de Nouvelle-Angleterre. Surprotecteur, le père fait tout que sa famille soit en sécurité, et lorsque des canards migrateurs font escale, refuse du coup leur offre de partir avec eux vers les eaux plus chaudes de la Jamaïque. Mais, une fois ceux-ci repartis, pour prouver à ses proches qu’il n’a pas juste peur de tout, il accepte d’effectuer le voyage, en emmenant avec eux l’oncle Dan. Mais un orage violent les contraint rapidement à se poser…

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Le thème de la migration chez les oiseaux n’est pas nouveau, ni dans le documentaire ou la fiction ("Le Peuple migrateur", "L'envolée sauvage", "Donne-moi des ailes"...), encore moins dans le film d’animation ("L’âge de glace", "Gus, petit oiseau, grand voyage", "Le Voyage de Ricky"…). On s’interrogeait sur ce qu’allait du coup bien pouvoir amener les créateurs de chez Illumination qui n’aurait pas déjà été abordé dans ces nombreux longs métrages et qui puisse motiver les parents à emmener leurs enfants découvrir "Migration" en salles. Alors que les aventures de Gus ou de Ricky se concentraient sur la bravoure d’un jeune oiseau et sur la recherche d’une vraie famille, c’est ici le rapport adolescent / parents qui est intelligemment scruté avec tendresse, donnant lieu à une comédie rythmée dotée en seconds rôles amusants et utilisant efficacement d’autres genres pour avancer dans son récit.

Le film fait ainsi autant le portrait d’un père Colvert un peu flippé et en permanence à prévenir les dangers, que d’un adolescent au légitime désir de découvrir le monde et naturellement curieux et casse cou. Du rapport de ce dernier avec sa petite sœur, taquine et enjouée, découle une véritable tendresse. Quant à l’humour, il provient autant de l’oncle Dan, un peu lent et dur de la feuille, que d’autres personnages croisés, comme la vieille femelle héron déglinguée ou la cheffe des pigeons de Central Park surnommée « la cruche », et son comportant comme une cheffe de gang. C’est d’ailleurs dans ses dérapages vers d’autres genre, le film de secte, le film de mafia ou le film d’angoisse, que les parents s’amuseront sans doute le plus, tandis que les petits se feront de petites frayeurs.

Le passage dans la cabane qui sert d’abri au couple de hérons est sans aucun doute le plus original, d’autant qu’il est bourré d’allusions indirectes à la réputation de ces animaux, qui génère un vrai suspense. Si le méchant, qui ne décrochera d’ailleurs pas un mot du métrage, est ici à cuisinier qui sert du canard à l’orange, le message du film ne lorgne cependant ni du côté végétarien ni à l’excès du côté protection environnementale. Questionnant une éducation ouverte vers le monde, "Migration" s’annonce au final comme une alternative non chantée au dernier Disney, à la fois pleine d’aventures et d’humour, qui devrait remplir les salles pour les fêtes de fin d’année.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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