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MICKEY AND THE BEAR

Une jeune réalisatrice pour un rôle principal pas si féministe

Mickey est une jeune fille en dernière année de lycée. Elle s’occupe de son père atteint d’une maladie mentale. Déterminée et indépendante, en couple, son monde se bouleverse avec l’arrivée d’un nouvel élève dans sa classe et la possibilité d’aller étudier de l’autre côté du pays…

Mickey and the bear film image

L’intérêt d’avoir une jeune réalisatrice qui parle d’une jeune fille qui est en proie au doute à l’approche de grands changements dans sa vie réside dans l’idée d’une certaine proximité entre l’auteure et son sujet. Il pourrait en découler une certaine justesse d’écriture, en nuance, qui montrerait non seulement les émois du cœur, mais aussi la vraie réflexion d’un personnage féminin en devenir qui lutte entre deux mondes. Un rôle bien écrit donc, riche. C’est ce rôle que donne "Mickey and The Bear" à son actrice principale, qui s’en sort admirablement bien.

Là où le film pèche un peu plus, c’est dans l’écriture des personnages masculins. Des personnages un peu stéréotypés, qui proposent une dichotomie assez irréconciliable. Un vrai noir et blanc, avec d’un côté Wyatt, qui est à la fois nouveau, sportif, musicien, doux et aimant et de l’autre, le personnage du premier petit ami, Aaron, qui a tout du red-neck un peu bas du front, qui n’est pas méchant et qui l’aime sans doute, mais avec lequel elle ne pourra pas s’accomplir. Le personnage du père, Hank, est sans doute au contraire le plus riche, car il a une couche supplémentaire d’écriture et de profondeur en raison de sa maladie. Une maladie qui n’est jamais clairement définie, ce qui la rend d’autant plus imprévisible pour le spectateur et qui crée une certaine tension. En effet, Mickey et tous les autres personnages savent qu’il peut y avoir du vrai grabuge avec Hank s’il ne prend pas ses médicaments. Mais le film ne développe jamais une crise, ce qui lui permet de rester ouvert et d’avoir l’intelligence de ne jamais trancher et donc de créer une fin vraiment réussie.

Ainsi, dans un film qui aurait pu être féministe, un film qui aurait pu passer le test de Bechdel, c’est encore une fois un échec, car le personnage féminin est essentiellement seul, et que cette jeune femme semble, à l’exception de la dernière scène, ne faire que rebondir autour d’hommes qui déterminent sa vie en l’influençant de manière plus ou moins directe et plus ou moins décisive. On peut noter toute fois un net progrès dans ce qui est de la mise en scène d’un désir féminin pleinement assumé.

Thomas ChapelleEnvoyer un message au rédacteur

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