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MICHEL VAILLANT

" Taxi " sur un circuit : une publicité d'1h44 !

Michel Vaillant est en route pour les 24h du Mans. Mais il n’est pas le seul à vouloir imposer ses vrooms sur le bitume : 5 ans après la disparition de l’écurie des Leader, la fille du défunt patron reprend les rênes et semble prête à (plus que) tout pour gagner. Pas de pitié pour les Vaillant!

Ce qu'il y a de bien avec Besson-producteur, c'est que tous ses films se ressemblent plus ou moins donc quand on en a vu un, ça peut éventuellement suffire ! Avec Michel Vaillant, on a un clone de " Taxi " sur un circuit, avec le même style de scènes, de personnages et de dialogues. Du cliché, du prévisible et du " coup de bambou " à n'en plus finir ! Forcément c'est visuellement impressionnant, avec de beaux plans retravaillés par une multitude de filtres en post-production. Il faut avouer que techniquement, il n'y a pas grand chose à redire : le montage dynamique est signé Hervé Schneid, le monteur des films de Jeunet, le mixage son est réalisé par Vincent Arnardi, probablement l'une des plus fines oreilles du cinéma français actuel, les cascades sont coordonnés par Michel Julienne, digne fils de Rémy, etc…

Mais finalement, tout ça n'est qu'une gigantesque pub. Couvelaire, le réalisateur, possède d'ailleurs un CV fourni d'une centaine de spots TV donc rien d'étonnant qu'il nous en mette plein les yeux pour faire vendre son film… et ses sponsors ! Les patrons de Michelin, Total et Peugeot ont de quoi être satisfaits, vue la fréquence d'apparition de leurs logos à l'écran. L'autre gros coup de pub, c'est de faire dire partout que l'équipe du film a tourné des scènes durant la vraie course mythique du Mans, en engageant 2 équipes qui devaient respecter les mêmes conditions que les autres pour concourir. D'accord c'est en quelque sorte un exploit, mais existe-t-il une bonne raison à cela, à part faire parler du film ?

L'histoire dans tout ça ? Les personnages sont pathétiques ou/et immoraux, et malgré les pseudo-tentatives de leur construire une certaine psychologie, on a du mal à s'y attacher et à trouver un peu d'humanité dans leurs yeux. Sinon tout baigne dans l'excès, comme n'importe quel film d'action. Comme dans la BD de Graton, direz-vous ? Peut-être, sauf que les excès en BD passent souvent mieux qu'au cinéma, d'où cette grande difficulté d'adaptation cinématographique qui frappe les stars de la bulle. Prenez l'exemple de Tintin : les invraisemblances sont nombreuses et on les accepte mais elles seraient sûrement indigestes sur un écran.

En fait le seul mérite du film est d'avoir enfin donné l'occasion au groupe anglais Archive de signer une bande originale de film : un premier essai réussi, 5 ans après l'utilisation de leur titre " Nothing else " par le film " Déjà mort ". En bref, on achète la BO et on verra le film sur TF1 un soir où on ne voudra pas faire marcher ses neurones !

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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