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LA MENTALE

Un film dont la sincérité ne parvient pas à faire oublier les lourdeurs

Dris (Samuel Le Bihan), fraîchement sorti de prison, est bien décidé à réussir sa réinsertion. Epaulé par sa compagne, Lise (Marie Guillard), il s'implique dans un véritable travail chez un maraîcher. Mais c'était sans compter sur ses gangsters d'amis, dont Yanis (Samy Naceri), le chef de bande, qui insiste pour que celui-ci reprenne du service...

Bibi Naceri a voulu écrire un véritable drame, une tragédie. Il a voulu également apporter un témoignage sur la vie des gangsters d'aujourd'hui. En cela le film est certainement intéressant, décortiquant chaque niveau de voyou : du plus petit voleur, désireux de gravir rapidement les échelons, au baron de la pègre, en passant par le caïd-dealer de quartier et les faiseurs de gros coups. La construction de cette rechute dans le milieu est également ambitieuse, même si parfois certaines situations sont un peu expéditives (le conflit entre Dris et sa copine notamment).

Le rapport à l'argent facile et les dérives qui en découlent sont savamment exploités, montrant bien le caractère inéluctable de la fin de chacun : la prison au mieux, la mort au pire. Malheureusement, la mentale, sorte de Loi tacite entre truands apparaît bien absente du récit, qui se trouve loin de la bande annonce accrocheuse et de ses trois règles (savoir se taire, protéger sa famille, ne jamais trahir).

Les dialogues, truffés de diverses langages pseudo-ethniques ou socialement connotés (verlan…) devient rapidement insupportable à entendre et difficile à suivre sans lexique. Difficile également de croire un seul instant que Samuel Le Bihan puisse être un beur. Cela n'enlève cependant rien au jeu investi des acteurs, dont Samy Naceri, à la fois imposant et perdu face à des amis qu'il ne reconnaît plus, et surtout Clotilde Courau, gitane au sourire de braise, qui tire remarquablement parti d'un rôle ingrat de maîtresse oubliée.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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