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MECHANIC RESURRECTION

Mécanique restriction

Arthur Bishop a tiré un trait sur son métier de tueur à gages et se contente désormais de couler des jours heureux avec sa compagne au Brésil. Le jour où celle-ci est kidnappée, il se retrouve contraint d’effectuer trois assassinats jugés impossibles en les faisant passer pour des accidents…

Il ne faut surtout pas croire qu’en ayant osé le remake d’un obscur film d’action de 1972 réalisé par Michael Winner avec Charles Bronson dans le rôle-titre, ce grand tâcheron de Simon West avait trouvé la bonne tactique pour dynamiser le genre. Superficiel de toutes parts et nanti d’un Jason Statham en mode « J’ai pas envie de me fouler donc je fais le minimum », "Le Flingueur" était surtout si mou qu’il avait fini par ne plus laisser la moindre trace dans notre cervelle de cinéphile. Du coup, se farcir une suite avec une dose supposément conséquente d’exotisme (les décors du Brésil, le bikini de Jessica Alba…) pouvait laisser espérer un nanar un poil plus divertissant. Peine perdue, puisque ce "Mechanic Résurrection" ne vaut pas mieux que son prédécesseur en plus de laisser une vieille recette du cinéma d’action s’épuiser pour rien sous un soleil de plomb.

Dès le début du film, l’opportunisme de la démarche pointe le bout de son nez : on y entend un morceau de la bande originale de "Babel" pour accompagner des plans sur Rio de Janeiro, avant que Jason Statham – toujours doté de trois expressions faciales dont on ne se lasse pas – ne s’en donne à cœur joie dans la dose réglementée de bourre-pifs et de blessures au couteau. Le reste se limite à une intrigue quasi inexistante où notre chauve monolithique préféré doit éliminer plusieurs personnes pour sauver sa dulcinée (Jessica Alba, plus « plante d’intérieur » que jamais !), agiter les bras pour remplir ses contrats (celui de la piscine en balcon vaut quand même le coup d’œil) et faire tout péter dès que le scénario l’exige. Le problème, c’est que Dennis Gansel ("La Vague") n’a aucun sens du rythme ni du découpage : son film se traîne comme un escargot sous l’impulsion d’un casting pas très concerné, un peu comme si tout le monde prenait l’air absent en pensant uniquement aux mojitos à engloutir lors de la fête de fin de tournage. Même un épisode du "Transporteur", aussi débile soit-il, avait au moins le style de créer une belle illusion de rythme. Là, on a vite fait de dormir. C’est mécanique.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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