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ME AND ORSON WELLES

Un film de Richard Linklater

Un charisme à l’état pur

Richard, jeune homme de 17 ans, s’ennuie ferme à l’école, tout au long de ces cours magistraux sans couleurs ni odeurs. Il aspire à une vie d’artiste, notamment dans le domaine de la musique et du théâtre. Ainsi, au hasard d’une ballade dans le vieux New York de 1937, pendant les heures de classe, il fait la rencontre de la troupe d’Orson Welles, en pleine promotion de son prochain spectacle. Excité, le jeune Richard décide alors de jouer la carte de l’audace, et tente de rejoindre la troupe de son modèle artistique, en improvisant quelques tours…

Avec Zac Efron en tête d’affiche, on s’attendrait à une nouvelle comédie musicale pour adolescents, version années 30. Décompressez, car ici, nous parlons de comédie tout court. Une belle histoire sur fond de théâtre et, quand même, une petite touche musicale qui tombe finalement à pic. Et dès les premières minutes, on plonge, on s’immerge dans cette époque des années 30. Tout y est reproduit, jusqu’à ce mythique théâtre de New York. Le rythme se veut enthousiaste, et le film n’a franchement aucune longueur superflue.

Ceci est en grande partie grâce à un de ses personnages principaux, Orson lui-même, le grand, le doué, Orson Welles. Son charisme et sa prestance tout au long du film nous tient en haleine. Chris McKay nous fait part ici d’une belle prestation, convaincante et sincère. Véritable tour de force pour un premier film, et pour quelqu’un qui n’aspirait pas à devenir acteur (voir l’entretien) ! Les autres ne déméritent pas pour autant, formant ainsi une belle troupe homogène, où des acteurs jouent avec succès le rôle d’autres acteurs. Quoi de plus délicat ?

Le film bénéficie de quelques rebondissements, d’une belle photographie, et d’une très belle reconstitution d’époque. Vous devenez spectateur au sens propre et au sens figuré, tant il vous plonge à leurs cotés, sur scène. Linklater (« Before Sunset » et « Before Sunrise ») a eu du flair pour le casting, une bonne inspiration et en plus, a su nous le retranscrire sur bobine, avec délicatesse. C’est beau !

Jean-Philippe MartinEnvoyer un message au rédacteur

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