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MARYLINE

Une oeuvre inégale qui permet de révéler la virevoltante Adeline D'Hermy

Maryline a toujours désiré devenir actrice. À vingt ans, elle quitte son village natal pour rejoindre Paris, des rêves pleins la tête. Mais sa timidité pose des difficultés dans un monde où tout le monde est prêt à écraser son prochain…

Pour son deuxième long métrage, Guillaume Gallienne s’éloigne de son histoire personnelle pour s’intéresser au parcours tragi-comique d’une jeune actrice. Elle s’appelle Maryline, en raison de l’icône américaine, elle désire devenir comédienne, comme son illustre aînée, et doit affronter les mêmes tourments, une propension à l’autodestruction, des angoisses maladives et une timidité difficilement compatible avec ce milieu. Pour autant, l’héroïne du film ose, essaye, ne veut pas abandonner ses rêves. Alors elle quitte son village natal, se lance à l’assaut de la capitale, connaît ses premières expériences.

Le réalisateur filme amoureusement les déboires de cette femme drôle et mutique, dont les péripéties sont autant cocasses que profondément bouleversantes. Car le film est aussi bien la lente éclosion d’une gamine née pour briller sur les planches que la descente aux enfers d’un être qui trouve dans l’alcool le remède à une vie trop pesante pour ses frêles épaules. Avec bienveillance, Guillaume Gallienne dessine un portrait subtil et troublant pour mieux déclarer son amour aux actrices, objets de fascination depuis bien longtemps chez le cinéaste. Mais il en profite également pour nous offrir une ode à la persévérance, une fable généreuse où les « méchants » sont vite délaissés par la caméra en faveur des belles rencontres qui parsèment le métrage.

Si sa camarade de la Comédie française, Adeline D'Hermy, éclabousse la pellicule de son talent, cette œuvre emphatique souffre de nombreux défauts. À l’image de sa protagoniste, le film est cabossé, hésitant, alternant des séquences lyriques sublimes avec des creux interminables, des envolées poignantes avec des saynètes à la théâtralité trop artificielle pour séduire. Les stéréotypes sont trop présents, le récit trop convenu, la mise en scène trop appuyée. Mais ce trop-plein est aussi ce qui fait la beauté de ce geste cinématographique, cet essai de capturer l’impossible, de saisir les incertitudes de l’existence. Le résultat a beau être souvent maladroit, il n’en demeure pas moins attendrissant.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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