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MARSEILLE

Un film de Kad Merad

Même les supporters de l’OM et les amoureux du Vieux-Port risquent d’être déçus

Suite à un appel de son frère, Paulo retourne à Marseille après vingt-cinq ans d’absence pour se rendre au chevet de son père. Mais ce séjour qui ne devait durer que quelques jours pourrait bien s’éterniser tant la ville semble avoir des choses à lui offrir...

Après une première réalisation bienveillante et plutôt attendrissante, "Monsieur Papa", et un deuxième passage derrière la caméra pour retrouver sa moitié cinématographique, Olivier Baroux, dans "Mais qui a re-tué Pamela Rose ?", voici la vraie première grosse comédie signée Kad Merad, celle au potentiel populaire pour rameuter les foules en masse dans les salles obscures. Et comme souvent dans notre production humoristique hexagonale, le film sera marqué par un fort ancrage territorial, postulat scénaristique permettant de s’amuser des disparités régionales. L’histoire est celle de Paulo, un ado parti de Marseille suite à un drame et revenu homme pour se rendre au chevet de son père.

Mais au-delà de la déclaration passionnelle et passionnée à la cité phocéenne, "Marseille" est la chronique d’un amour fraternel tumultueux, marqué par les indifférences et les non-dits. Malheureusement, très rapidement, le métrage sombre dans tous les écueils possibles, accumulant les clichés et les sous-intrigues jamais résolues. On a envie de croire à cette relation et à leurs mésaventures, mais la pauvresse des dialogues et le manque cruel de rythme empêchent ce vaudeville mollasson de démarrer. S’enchaînent alors des séquences terriblement vides de sens et d’intérêt, jusqu’à s’embourber profondément sous une couche épaisse de niaiseries.

Si les comédiens font le job plus qu’honorablement, il ne reste pas grand chose à retenir de ces bouffonneries surjouées. À l’exception d’un final touchant et d’un résumé délirant du film "Gravity" par un Corse, "Marseille" est une grosse déception tant il ne parvient pas à susciter l’engouement et l’enthousiasme du spectateur malgré tous les moyens déployés. À l’image de ses choix dans ses projets en tant qu’acteur, Kad Merad semble aujourd’hui plus à l’aise dans des œuvres plus intimistes que dans ces grands barnums comiques aux ficelles usées.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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