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MARIE ET LES NAUFRAGÉS

À la folie !

Par un concours de circonstances, Siméon rencontre Marie et est immédiatement séduit. Antoine, l’ex de Marie, a beau lui affirmer que « Marie est dangereuse », Siméon n’en est que plus intrigué…

Marie et les naufragés film

La première séquence du film donne le ton : la complicité fugace qui lie les deux personnages (Pierre Rochefort et Wim Willaert) paraît insensée, mais elle est aussi emplie d’un mélange d’humour et de tendresse. Le film restera sur cette tonalité romanesque qui se contrefiche du vraisemblable au profit d’une fusion des émotions, emportant personnages comme spectateurs dans un tourbillon de rebondissements et de pulsions en tout genre.

Sébastien Betbeder assume pleinement son récit décalé et son artificialité, jusqu’à pousser successivement ses trois personnages principaux à s’emparer brusquement de la narration, à la première personne et face caméra, faisant alors de nous des accompagnateurs, des quasi-personnages qui prenons plaisir à suivre les pérégrinations un peu fofolles des protagonistes.

La théâtralité ne fonctionne pas à 100% (on alterne entre légèreté et lourdeur) et certains interprètes s’en sortent mieux que d’autres. Eric Cantona est nettement en-dessous, tant il donne l’impression de lire laborieusement ses répliques. Inversement, Vimala Pons tient le haut du pavé, avec son style bien à elle, mélangeant malice délurée et innocence enfantine. Les rôles ou situations lunaires ne manquent pas et provoquent la majorité des rires et sourires, comme le somnambulisme d’Oscar (Damien Chapelle), avec au passage un clin d’œil loufoque à "Paranormal Activity", ou l’aspect gourou de Cosmo (André Wilms), un chanteur sur le retour qui se réinvente en pionnier d’une musique électro au kitsch affirmé (notons au passage que la bande originale du film est composée par Sébastien Tellier).

Le personnage de Pierre Rochefort est un peu plus « normal » que les autres, mais cela permet aussi de mieux nous embarquer avec lui, piqués par la même curiosité. Si l’ensemble est parfois bancal, c’est plutôt réjouissant et on a envie de croire au coup de foudre !

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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