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LE MAITRE DU JEU

Un film de Gary Fleder

Un concentré de manipulations

Au cours d'un terrible procès contre des industriels marchands d'armes, le jury et les citoyens composant celui-ci, semblent au sein d'une étrange guerre d'influence entre des spécialistes de ce genre de procédés et un mystérieux couple, avec pour enjeu un verdict clément et certainement une forte somme d'argent. Et le manipulateur en chef va découvrir à ses dépends qu'il puisse l'être à son tour…

Encore un film de procès à l'américaine me direz-vous. Oui et non, car au lieu de nous rabâcher une morale plus ou moins réactionnaire sur un sujet des plus sensible, comme dans bon nombre de ces productions, le film ne se sert de ce cadre que dans le but de jouer avec nos nerfs et celui de ces jurés. Un thriller judiciaire dont le sujet se trouve dans ses protagonistes et l'envers du décor habituellement servi. Car pour une fois, le réalisateur et ses scénaristes nous expliquent avec finesse que pour gagner un procès il ne sert à rien de gagner la faveur du jury, il faut surtout en avoir choisi un des plus réceptif.

Et se sont ces moments qui donnent au spectateur, des petits frissons, surtout que plus le film avance, plus les manipulateurs l'ont été eux même. Le film fait également la part belle à des acteurs parfaitement imprégnés de leurs personnages. Et la palme revient à Gene Hackman dans une composition diablesque, autant par son sens de la manipulation que par son aspect. Et puis ces personnages qui se croisent, se recroisent afin de mieux se trahir, a certes quelque chose de malsain mais aussi de jouissif, d'autant plus que tout le long du film leurs intentions ne sont pas des plus claires.

La manipulation est donc le fait principal de ce film reléguant au second plan le sujet du procès, l'industrie des armes et les influences sur la société américaine. Cette voie est d'ailleurs le moyen de retrouver Dustin Hoffman dans un rôle d'avocat qui évoluera au cours du film en acceptant de se prêter aux mêmes magouilles que ses confrères de la partie adverse, étant prêt à tout tenter pour gagner sa cause. Et c'est là que le réalisateur est très fort, en poussant les personnages dans leurs derniers retranchements. Ce sont d'ailleurs les escrocs, les personnages ambigus, qui semblent le fasciner, à tel point que le personnage de Dustin Hoffman en devient moins insipide à partir du moment où il se lance dans le combat avec les même moyens que ses adversaires.

En fin de compte un film où les rebondissements ne nuisent jamais à l'histoire, elle-même plus centré sur les personnages que sur le propos du procès en lui-même. Ajoutez à cela des acteurs parfaitement cadrés et une réalisation de qualité, qui, sans être des plus inventive, sert parfaitement le propos du film. Et vous obtenez un très bon thriller à l'ambiance de procès.

Guillaume BannierEnvoyer un message au rédacteur

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