Parce qu'on en a jamais assez !

LA MAISON

Un film de
Avec

Touchant

Manuel Poirier n'est jamais meilleur que quand il parle de gens simples, d'hommes involontairement solitaires, coupé de leurs proches ou de ceux qui l'ont été. On se souvient de « Western », véritable coup de foudre cannois, qui avait alors révélé Sergi Lopez. Devenu quasiment son acteur fétiche, le beau et sombre hidalgo est de retour devant sa caméra, plus bouleversant que jamais, aussi bien dans ses moments de détresse que dans ses élans de tendresse envers un ami plus que saoul ou une jeune femme qui le touche. Acteur polymorphe au physique à la fois séduisant et imposant, il est de bout en bout crédible, autant dans ses colères face à une fille qui pourait bien s'être servie de lui, dans sa tristesse de ne pas pouvoir tenir ses promesses, que dans l'attendrissement et les petites joies blessées que lui provoquent ses discussions téléphoniques avec ses enfants.

Au travers de ce conte bien français sur la solidarité et le désir de redonner un cap à l'autre, on sent que Manuel Poirier sait écouter adultes comme enfants, auxquels il prète des mots « plus vrais que nature ». Cette histoire bien française, d'attachement aux souvenirs, convainct, même si on regrettera une mise en scène un peu trop statique... Car les passions éteintes des personnages auraient mérité plus de dynamisme, pour mieux renaître. D'autant que tous les interprètes semblent habités par leurs interprètes, comme les deux soeurs, Barabara Schultz et surtout Bérénice Béjo, également bouleversante. Leur engueulade dans la rue, suite au refus de signature d'une vente à l'amiable, enchaînant sur l'oubli ou non de leur enfance, face à la réalité des dettes, restera dans les mémoires, comme un grand moment de cinéma.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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