Parce qu'on en a jamais assez !

LA MAISON DE LA RADIO

La radio au cinéma, c’est moins bien !

Vingt-quatre heures au cœur de la Maison de la radio, restituées par des extraits des différentes émissions abritées dans ce lieu unique...

Nicolas Philibert adore s’intéresser aux rouages et aux mécanismes d’une institution, qu’il s’agisse du célèbre musée du Louvre ou d’une petite classe auvergnate. Peu importe le lieu, la caméra discrète du réalisateur nous montre une réalité sans effets de style, sans aucune tentative de manipulation. Et parmi ses sujets de prédilection, la voix a toujours eu une importance particulière pour le cinéaste. Après s’être attardé sur ceux qui doivent vivre sans elle, dans « Le pays des sourds », c’est tout naturellement qu’il a décidé de nous plonger dans l’univers où la voix est reine : la radio. Durant six mois, il s’est ainsi installé dans la Maison de la Radio, bâtiment qui rassemble toutes les stations du service public.

Si on s’imaginait que l’envers du décor de nos radios préférées ressemblait à ce que nous avait montré récemment « Radiostars », on risque d’être fortement déçu. Car la réalité est bien moins enjouée et enthousiasmante que ce que la fiction avait pu nous laisser espérer. Certes, en se concentrant principalement sur France Inter, France Info et France bleu, on ne s’attendait pas non plus à être les témoins de beaucoup d’exubérance et de franches déconnades. Néanmoins, le véritable problème du documentaire est qu’il lui manque un point de vue cinématographique. En effet, le métrage nous balade d’extraits en extraits, de la matinale au programme de nuit, sans tirer aucun intérêt de cette matière première. Se focalisant sur les sons, le réalisateur nous offre une succession d’animateurs en plans serrés, comme pour effacer leurs corps derrière leurs voix, véritables incarnations des programmes.

Toute la difficulté de ce projet était de conserver le mystère de l’univers radiophonique, cette magie qui existe entre un auditeur et un animateur dont il ne connaît rien. Si cette magie transpire de la pellicule dans quelques séquences, notamment lorsque la caméra nous plonge du côté des ingénieurs du son, l’essence principale du documentaire n’est qu’une banale succession d’extraits, pris sur plusieurs mois, et enchaînés sans aucune cohérence apparente. Si le travail sur la musicalité de la voix, de manière plus ou moins explicite, est appréciable, celui-ci ne suffit pas pour retenir la quintessence des matériaux enregistrés. À l’exception de quelques passages qui pourront susciter un sourire chez les spectateurs, l’ensemble est bien fade, sans âme. Le film semble alors s’éterniser, nous donnant vraiment l’impression d’assister à une journée entière au cœur de la Maison de la Radio. Pas sûr vraiment que c’était le but recherché !

Christophe BrangeEnvoyer un message au rédacteur

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