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MA VRAI VIE A ROUEN

Un film voulu novateur

Un adolescent épris de patinage artistique se voit offrir pour son anniversaire une caméra numérique qui va lui permettre de filmer sa famille, ses amis et son sport favori. Mais cette caméra va aussi l'ouvrir sur le monde extérieur pour lui faire découvrir sa sexualité...

Partant d'une idée simple, les deux réalisateurs ont eu la bonne idée de détourner le mode de tournage classique en utilisant un caméscope numérique comme seul point de vue narratif. Oui car le cadeau est aussi la seule caméra de tout le film et le spectateur devient le réalisateur en étant projeté derrière l'objectif. Le fait de choisir le point de vue de l'adolescent pour montrer ce film nous oblige à le suivre mais surtout à se mettre à sa place, le caméscope devenant l'œil et l'oreille du spectateur. Mais ce procédé comporte un petit défaut, car en mettant quelques temps pour s'habituer au mode narratif, cela à tendance à diluer l'attention, coupant ainsi le film en deux parties distinctes.

Si la première partie met progressivement en place une exploration filmique et visuelle originale, elle a tendance à nous couper des intérêts des différents personnages, en multipliant les effets de style autour du caméscope de famille et de ses possibilités. La seconde, quant à elle nous implique un peu plus dans cette période difficile qu'est l'adolescence, où le jeune garçon partage son esprit entre un noyau familial en pleine recomposition, un sport devenu une passion, et la découverte de son corps et des premiers pas amoureux. Autant le jeune homme se passionne pour les aventures amoureuses de son meilleur ami, autant les siennes n'apparaissent que sous forme d'images furtives grâce à la caméra.

Et l'intérêt remonte en flèche lorsque les deux réalisateurs reprennent leurs personnages en main, axant le film sur un parcours initiatique, celui du jeune Etienne découvrant une sexualité différente de celle de ses proches. Car le spectateur découvre enfin, mais presque trop tard, le potentiel de cette caméra qui permet d'extérioriser et d'enregistrer les sentiments d'Etienne. Tout ce qui retient son attention, des formes, des jeux, des questions vient dessiner son contour psychologique et donne corps à ses peurs, à ses envies. En fin de compte un film novateur par la forme, exploitant les possibilités de la caméra numérique mais qui est obligé de redevenir plus classique pour se rapprocher de son histoire et de personnages attachants.

Guillaume BannierEnvoyer un message au rédacteur

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