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MA RÉVOLUTION

Un film de Ramzi Ben Sliman

Un bol d’air frais

Marwann, 14 ans, est un fils d’immigrés tunisiens aisés qui vise à devenir populaire au sein de son école afin de pouvoir jeter son dévolu sur Sygrid, l’une des plus belles filles du collège. Un soir, il se retrouve, par hasard, au cœur d’une célébration de la « Révolution du Jasmin ». Le lendemain, c’est son visage arborant le drapeau de la Tunisie qui fait la une de Libération. Dès lors, Marwann devient la coqueluche de l’établissement et le symbole du printemps arabe à Paris. Profitant de la confusion pour conclure avec Sygrid, il va découvrir ses racines qu’il avait ignoré jusqu’alors…

Présenté à Berlin en section Génération 14 ans et plus, "Ma Révolution" est le sympathique premier long métrage de Ramzi Ben Sliman surfant habilement sur la comédie du passage à l’âge adulte pour traiter de la révolution tunisienne de 2011. Nous suivons un jeune tunisien de quatorze ans plus préoccupé à pouvoir serrer les filles et rentrer dans les booms de ses camarades populaires qu’à se soucier de ce qu’il se passe dans son pays d’origine.

Car nous sommes en plein printemps arabe et pendant que ses parents suivent cela de près, Marwann, qui se sent français avant tout, traine avec son pote Félix et cherche surtout à conquérir le cœur de Sygrid. Cependant, une couverture de journal va rapidement changer la donne, du moins, en apparence, puisqu’un peu par hasard le jeune tunisien va devenir le symbole de la "Révolution du Jasmin" pour le tout Paris. Et puisque Sygrid en pince pour les hommes de convictions, le jeune Marwann va se servir de cette usurpation pour arriver à ses fins. Comme le dit son facétieux grand-père avec tant d’aplomb, pour lui « c’est le printemps de la bite !».

Interprétés par des jeunes respirant la joie de vivre, "Ma Révolution" fait du bien, surtout dans le cadre des atroces actes terroristes qui frappent le monde en ce moment. Le film de Ramzi Ben Sliman est certainement un bon bol d’air frais dont la France a besoin tant le film nous emporte dans une tourbillon naïf et joyeux même si la seconde moitié en Tunisie ne suscite pas le même engouement. Il aurait été opportun de se focaliser sur la découverte de la vie tunisienne à travers les yeux de Marwann plutôt que sur ses peines de cœur. Néanmoins, même si le film perd un peu de sa vivifiante énergie à mesure que l’on approche de la fin, il en résulte une belle œuvre sur l’adolescence et la découverte de ses racines sur fond socio-politique.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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