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L'UN DES NÔTRES

Un film de Thomas Bezucha

Papi fait de la résistance !

Suite au décès de leur fils, George et Margaret voient leur ancienne bru refaire sa vie avec un homme qu’ils soupçonnent de violence. Lorsque les doutes se dissipent, ils n’ont d’autre choix que de partir sauver leur petit-fils de la terrible famille Weboy…

L'un des nôtres film movie

Il y a des acteurs dont on serait bien incapable de citer un projet récent et qui laissent pourtant l’impression de n’avoir jamais disparu des radars. La raison principale est généralement que notre imaginaire a figé le comédien, ne parvenant plus à le dissocier de ses rôles emblématiques. Kevin Costner fait indubitablement partie de ceux-là. Peu importe le nombre de films auxquels il a pu, ces dernières années, participer, l’éternel Lieutenant John J. Dunbar de "Danse avec les Loups" incarnera toujours pour de nombreux cinéphiles une certaine symbolisation de la justice, ses prestations dans "JFK" ou "Robin des Bois, Prince des voleurs", ayant renforcé le mythe.

Après avoir revisité le western avec la série "Yellowstone", il revient sur grand écran avec une nouvelle relecture de ce genre profondément américain, où les paysages poussiéreux se marient à la violence ambiante des laissés-pour-compte du pays de l’Oncle Sam. La minière sociale a remplacé la conquête de l’Ouest comme décor de ces peintures cinématographiques ; les quidams, les cowboys de l’époque. Si l’on est toujours heureux de retrouver Kevin Costner dans une telle production, savoir le réalisateur de l’affreuse comédie "Bienvenue à Monte-Carlo" aux commandes n’avait rien de très rassurant quant à la qualité du résultat. Pourtant, Thomas Bezucha réussit parfaitement son pari, celui d’une œuvre au charme suranné, assumant pleinement son académisme et la tradition dans laquelle elle s’inscrit.

« Film à l’ancienne » comme on dit, "L’un des nôtres" est une belle surprise, un thriller âpre sur un couple de retraités prêts à tout pour sauveur leur petit-fils d’une famille violente contrôlée par une matriarche sans pitié. Débutant comme un drame, le métrage voit sa tension s’intensifier de scène en scène, pour devenir un affrontement ardent entre des protagonistes dont l’âge devrait les préserver d’une telle fureur. Si quelques sous-intrigues viennent annihiler le bouillonnement de l’ensemble, notamment cette rencontre pas suffisamment explorée avec un amérindien vivant en marge de la société, ce récit d’une mission sauvetage périlleuse s’avère être une chronique nostalgique dans laquelle Diane Lane et Kevin Costner jouent une partition parfaite. Maîtrisé, rythmé et brutal… Papi fait définitivement de la résistance !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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