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LONDON RIVER

Un film de Rachid Bouchareb

Deux quêtes solitaires qui se croisent sans tension ni magie

Après les attentats de Londres, une mère anglaise recherche sa fille, qui n'a pas donné de nouvelles depuis quelques temps. De son côté, un père africain vivant en France recherche également son fils...

« London river », le nouveau film de Rachid Bouchareb, consacré à deux parents qui recherchent leurs enfants après les attentats de Londres, a fait un très gros effet au Festival de Berlin 2009, offrant à son interprète principal Sotigui Kouyate le Prix d'interprétation masculine. Si l'on croit au début de ce film, déjà diffusé sur Arte au printemps, c'est parce que les prémices de la rencontre de ces deux personnalités opposées sont crédibles. Tous deux vont se croiser, se méfier, s'allier.

Bien sûr les acteurs (dont Brenda Blethyn vue dans « Secrets et mensonges ») sont impeccables, mais toute la douceur et l'incrédulité qu'ils dégagent paraît peu réaliste à la longue, même si l'on peut facilement intégrer leur refus prononcé d'envisager le pire. Mais finalement que de vide, ces personnes s'avérant d'un creux absolu. On ne sait rien sur eux, qui ne savent finalement rien de la vie de leurs enfants, et n'ont pas forcément envie de savoir quoi que ce soit l'un de l'autre. La peur de la différence culturelle, à peine exploitée, est exprimée sans grand relief.

Bouchareb s'intéresse à l'intime, ne rentrant à aucun moment dans le cœur ni du sauvetage des blessés, ni des raisons de l'attentat, évitant scrupuleusement de parler des réseaux terroristes. Du coup, l'on apprend rien, et à trop vouloir jouer le personnel, rien ne se passe et il ne provoque qu'un ennui profond. On est bien loin du palpitant « Missing » de Costa Gavras dans lequel Jack Lemmon recherchait son fils dans un Chili bien peu coopératif.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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