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LES POINGS DESSERRÉS

Un film de Kira Kovalenko

Poings de suture et poings de rupture

Ada vit dans une ville désindustrialisée d’Ossétie du Nord, avec son père et son plus jeune frère. Elle refuse les avances de Tamik et n’espère qu’une chose : que son frère aîné, parti travailler ailleurs en Russie, revienne et l’emmène loin de la misère et de l’emprise paternelle…

Les Poings desserrés film movie

"Les Poings desserrés" se focalise sur un territoire peu représenté au cinéma : l’Ossétie du Nord, république caucasienne de la Fédération de Russie, moins connue que la région séparatiste d’Ossétie du Sud en Géorgie. En dépeignant une ville miséreuse et sa jeunesse désœuvrée ainsi que l'emprise d'un père possessif, ce film propose donc un drame pesant, quasi claustrophobique, qui a le mérite de nous faire ressentir l’enfermement du personnage principal.

Avec ses touches de désordre et ses personnages exubérants, le long métrage fait vaguement penser aux films de Kusturica ou de Khudojnazarov, ce qui pourrait alléger la tonalité du film. Mais cette folie est soit trop poussée soit trop peu, ne faisant guère sourire et ne permettant pas de digérer le caractère relativement décousu du récit et les actes parfois incompréhensibles des protagonistes.

Le film devient plus intéressant quand on comprend enfin de quoi souffre Ada (outre la domination étouffante de son père) mais cela intervient au bout d'une heure donc bien trop tardivement ! La séquence en question est forte, un peu gênante, mais sa puissance ne se retrouve nulle part ailleurs dans le film. La dernière scène enfonce le clou de notre perplexité avec ce choix délirant d'une image chaotique, digne d'un film expérimental et peu cohérent avec la tonalité que devrait revêtir cette conclusion (on n’en dira pas plus pour ne rien divulgâcher).

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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