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LES PLUS BELLES ANNÉES D'UNE VIE

Un film de Claude Lelouch

Échapper à l'oubli

Alors que Jean-Louis, résidant dans une maison de retraite, a la mémoire qui flanche, son fils, Antoine, retrouve la belle Anne. Il demande à cette femme, que son père a follement aimé autrefois, de lui rendre visite…

Les plus belles années d'une vie film image

Le nouveau film de Claude Lelouch, deuxième suite de son film culte "Un homme et une femme", palme d'or 1966, après "Un homme et une femme, 20 ans déjà", permet à l'auteur de retrouver ses deux acteurs, entre lesquels la complicité semble restée intacte. Forcément nostalgique et désabusée, cette fable autour de la vieillesse, invite à une escapade sur le tard, comme une dernière bouffée d'air frais, sur les traces d'un passé chéri, qui résiste à tomber dans l’oubli.

Utilisant malheureusement à l'excès les extraits de son propre film, de la traversée de Paris aux scènes d'amour languissantes, Lelouch n'est finalement jamais meilleur que lorsqu'il fait de la place au vrai sujet du film : la vieillesse. De la très belle scène d'ouverture, saisissant le regard perdu de Jean Louis Trintignant face à un exercice de mémoire collective, à la scène du poème ("Je voudrais pas crever" avant de… de Boris Vian) discrètement partagé avec la médecin, l'émotion affleure en quelques moments clés.

Livrant au passage quelques réflexions fort justes sur la vie et l'âge, c'est tout de même plus vers le passé que le film est naturellement tourné. Qualifiant la maison de retraite de lieu où « on ne vit pas, on attend la mort », rappelant aux trop naïfs que l’« on est fidèle tant qu'on a pas trouvé mieux », il démystifie l'espoir de nouveaux moments de bonheur (en pensant à elle, il pense qu’ « elle doit être vieille et moche ») tout en faisant de cette femme le moteur de quelques envies ressucitées. Un film qui magnifie les souvenirs et tente de donner espoir en de nouveaux.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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