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LES PARFUMS

Un film de Grégory Magne

Ayez du nez et la curiosité de voir cette comédie !

Anne Walberg, ancienne « nez » pour de grandes maisons de parfums, travaille depuis quelques années à créer des ambiances olfactives et des parfums dans le monde industriel. Son nouveau chauffeur, Guillaume, s’en voit avec cette femme impolie et égoïste. Mais pour continuer à voir sa fille, il est obligé de garder ce travail…

Les parfums film image

Pour son nouveau passage derrière la caméra, Grégory Magne ("L’air de rien") se lance dans une comédie romantique qui a le bon goût de ne pas coller aux comédies françaises potaches et sans saveurs qu’on nous sert si souvent. De saveur, de goût et d’odorat, il en est d’ailleurs question dans cette histoire qui met en scène un « nez », entendez par ici une spécialiste des parfums qui a un temps créé des essences pour des grandes maisons, mais qui a quitté le milieu du luxe pour celui plus commun de l’industrie. Emmanuelle Devos colle parfaitement à la peau de ce personnage encore engoncé dans sa rigidité et son austérité « à la parisienne ». Jamais contente, toujours hautaine, à croire que tout lui est dû, elle n’a visiblement pas quitté dans sa tête un certain monde, celui qui ne veut plus d’elle mais dont elle se sent toujours orpheline. Alors, elle fait comme si et insiste avec véhémence sur le fait qu’elle n’appartient pas à la classe inférieure. Face à elle, un chauffeur de voiture contrebalance son monde et sa personnalité. Un duo forcément dans l’opposition, dont le cinéma raffole ! Il vit simplement, une vie dans la vraie vie, divorcé et père d’une fille qu’il chérit plus que tout au monde et pour qui il est prêt à tout. Quitte à devenir le chauffeur de Madame le « nez » et à s’en prendre régulièrement plein la tête ! Grégory Montel, que l’on a peu l’habitude de voir au cinéma (il est l’un des agents de la série "Dix pour cent"), trouve ici un joli rôle à la mesure de son talent. Il lui donne de jolies nuances entre sincérité, gravité, honnêteté et loyauté.

Alors, si je vous ai parlé de comédie romantique, vous pensez immédiatement à une relation amoureuse entre les deux protagonistes. C’est ce que développe avec subtilité le réalisateur-scénariste. Le duo, qui n’a strictement rien en commun, va au fil de l’histoire se rapprocher, s’ouvrir, apprendre l’un de l’autre et chacun va progressivement changer sa vision première. Car "Les Parfums" est avant tout un film sur les apparences, celles sur lesquelles on se casse régulièrement les dents… mais aussi le nez ! C’est en outre une comédie réussie, sans aller jusqu’à dire qu’elle est enlevée. Si Grégory Magne a un vrai sens de la comédie, il manque parfois de rythme et d’une écriture plus incisive qui en aurait fait une totale réussite. Il peut toutefois s’appuyer sur une parfaite distribution et caractérisation des personnages secondaires. On n’est pas prêt d’oublier l’agent immobilier qui devient un gimmick comique et surtout le patron de Grégory Montel, interprété par Gustave Kervern, constamment à table dans son restaurant asiatique, comme tout droit sorti d’un film de gangsters de Martin Scorsese. Voilà donc une douce, légère et inattendue comédie à savourer avec les yeux pour voir du beau monde, les oreilles pour les fans de Gaëtan Roussel le compositeur du film, avec la tête pour se faire surprendre, la bouche pour garder le sourire et le nez pour (res)sentir un flot d’émotions.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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