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LE VOYAGE DU DOCTEUR DOLITTLE

Un film de Stephen Gaghan

Dans tous les sens

Terrassé par la mort de sa compagne, le docteur Dolittle, qui a le don exceptionnel de pouvoir parler aux animaux, s’est enfermé dans la grande propriété que lui a offert la Reine d’Angleterre, en compagnie de gorille, ours blanc, perroquet et autres créatures. Mais un beau jour, une jeune messagère de la Reine débarque, annonçant la maladie de celle-ci, en même temps qu’un jeune chasseur ayant blessé un écureuil…

Le voyage du Dr Dolittle film image

L’introduction de ce nouvel opus des aventures du "Dr Dolittle", en animation 2D, présentant le passé (et le trauma) de celui-ci, a le mérite à la fois d’être élégante et de stimuler l’intérêt du spectateur. Loin des pitreries et grimaces du personnage interprété par Eddie Murphy ("Dr Dolittle", 1998), celui de Robert Downey Junior se la joue savant prétentieux et solitaire, fuyant les humains dans une sorte de personnification du héros maudit. Contraint de venir auprès de la Reine, qu’il diagnostique comme empoissonnée à la belladone, il va se lancer dans un voyage à la recherche de l’île où se trouverait l’arbre d’Eden, qui pourrait la guérir, et être poursuivi par le jaloux médecin royal (Michael Sheen).

Si la transition vers le monde du Docteur d’aujourd’hui (autour de la porte du domaine, envahie progressivement par la végétation) est plutôt bien trouvée, si le côté Cendrillon lorsque les animaux l’habillent au réveil est plaisant, tout comme la complicité des animaux lors du diagnostic (le chien use de son flair pour reconnaître le poison, la pieuvre dans son aquarium devient un agent double...), la suite des aventures se perd entre des gags faciles (autour par exemple de la timidité du gorille...), des personnages secondaires réduits à l’état d’anecdotes (notamment l’écureuil épris de vengeance…), ceci même si une certaine dose d’aventure est au rendez vous, entre saut depuis un pont sur un navire, combat du gorille peureux avec un tigre, et canonnade du bateau. Ce monde imaginaire se regarde sans vrai plaisir, et l’allusion au roi singe du Livre de la jungle vient ponctuellement nous sortir de l’ennui, mais la stimulation de l’imagination promise n’est pas au rendez-vous.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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