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LE VIEUX QUI NE VOULAIT PAS PAYER L'ADDITION

Toujours aussi rocambolesque !

Coulant des jours paisibles à Bali, Allan fête désormais ses 101 ans. Mais ses amis et lui ont dilapidé les millions qu’ils avaient subtilisés à des malfrats un an auparavant. Une nouvelle opportunité s’offre à eux : retrouver la recette secrète d’un soda soviétique tombé dans l’oubli, qu’Allan a cachée depuis plusieurs décennies. Il est tellement savoureux et addictif qu’ils pourraient bien faire fortune en lançant ce produit sur le marché. Mais ils vont devoir retourner en Suède pour cela…

Le Vieux qui ne voulait pas payer l'addition film movie

Sortie le 25 avril 2017 sur Netflix

Quelques années après "Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire", le centenaire le plus dynamique du monde revient pour de nouvelles aventures, qui sortent directement sur Netflix (en attendant peut-être un remake américain avec Will Ferrell ?). S’il ne s’agit pas d’une adaptation cette fois-ci, le romancier Jonas Jonasson a participé à l’écriture du scénario, ce qui garantit a priori une certaine continuité. Et bonne nouvelle : ça fonctionne plutôt bien dans l’ensemble !

C’est donc avec bonheur que l’on retrouve Allan Karlsson et plusieurs autres personnages, ainsi que la chouette musique de Matti Bye, dont cette entraînante ritournelle aux cuivres qui donne une tonalité un peu kusturicienne aux deux films. On reste également dans l’apologie de l’excès et des quiproquos les plus absurdes, et on retrouve en partie ce côté "Forrest Gump" à travers le personnage d’Allan, qui a connu des évènements fous et a traversé l’Histoire du XXe siècle sans avoir toujours conscience de l’importance de ce qu’il a vécu ou des conséquences de ses actes. On a donc à nouveau le droit à un peu d’uchronie, avec notamment une hilarante relecture des accords SALT signés par Nixon et Brejnev en 1972.

Avouons tout de même que la trame de ce second opus n’est pas tout à fait à la hauteur du premier. Même si l’on ne cherche pas à ce que le scénario soit crédible, certains détails ne convainquent guère, comme la façon dont est expliqué la disparition de Gunilla et son remplacement par Miriam comme nouvelle conjointe de Benny – ça donne l’impression d’une modification scénaristique de dernière minute pour cause d’indisponibilité de l’actrice Mia Skäringer… On se demande aussi ce qui conduit le thérapeute de Stina à la suivre dans sa quête. Malgré certaines maladresses, le plaisir domine largement, grâce aux rebondissements rocambolesques, aux situations absurdes ou à quelques running gags. Parmi les meilleurs ingrédients, citons le décalage culturel et comportemental entre l’inspecteur suédois et les agents de la CIA qu’il doit aider ; la candeur de Gäddan, toujours amnésique, qui suit ses amis sans prendre conscience de l’ampleur des évènements (persuadé que le groupe a seulement l’intention de se baigner alors qu’ils traversent plusieurs pays !) ; les interventions malicieuses du singe Erlander (jouée par Crystal, une femelle capucin à l’impressionnant CV cinématographique !) ; ou encore les efforts soviétiques pour ravir le soft power culturel aux Américains dans les flashbacks se déroulant en pleine Guerre froide.

Tout comme le soda soviétique que les protagonistes recherchent, on peut dire que la recette de cette suite est un peu bancale et improbable, mais c’est suffisamment savoureux pour qu’on se laisse tenter.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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