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LE SOMMET DES DIEUX

Un film de Patrick Imbert

Une épique et poétique plongée dans le monde des alpinistes de l’extrême

Alors qu’en 1924, la disparition de la cordée formée par George Mallory et Andrew Irvine rendait incertaine la réussite de son expédition, en 1953 le sommet de l’Everest a été atteint. Avides d’exploits, dans les années 60, les alpinistes tentèrent de l’atteindre depuis d’autres chemins. Ce fut le cas de Habu Jôji, qui tenta d’emprunter une route passant par la Dalle des démons (une falaise de glace), mais se trouva face à un rival solitaire : Hase Tsuneo. Des années plus tard, suivant deux japonais obligés de faire demi tour à 8000 m, le reporter photographe Fukamachi croit reconnaître Habu dans une ruelle, achetant un ancien appareil photo qui pourrait contenir la preuve de l’exploit de Mallory…

Le sommet des Dieux film animation animated movie

Présenté en séance spéciale au dernier Festival de Cannes, "Le sommet des Dieux" est un film d’animation de toute beauté, à la fois sobre et riche, qui nous plonge dans l’univers à part des alpinistes de l'extrême. Cette adaptation du manga de Jirô Taniguchi, primé à Angoulême en 2005 (lui même inspiré du roman de Baku Yumemakura), est construite à partir du point d’un reporter, Fukamachi, chargé de faire des photos et relater les exploits des équipes qu’il suit. C’est donc à travers son regard que le spectateur va rentrer dans ce monde si particulier, alors qu’il tente de retrouver trace de Habu Jôji, disparu depuis des années, interrogeant sa mère comme des connaissances, et retraçant ainsi son passé à la gloire contrariée.

Avec une finesse de détails impressionnante, mais aussi une simplicité du trait, le film, qui ne cache rien des traumatismes ou des échecs de cet homme et de ses rivaux, tente de capter l’essence de leur inébranlable volonté, leur persévérance consciente du danger, et la souffrance liée à leur difficulté à trouver de nouveaux défis à relever. Composant des plans envoûtants synonymes de solitude face à l’immensité blanche (la tente éclairée de nuit…), donnant à sentir le risque, Patrick Imbert réussit un drame empreint de poésie, saisissant d’émotion, bercé par la très belle partition signée Ahmine Bouhafa.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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