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LA NUIT DU 12

Un film de Dominik Moll

La nuit qui vous hante

Alors qu’il vient d’être nommé à la tête de la PJ, Yohan tombe sur le crime que tous redoutent, celui où l’assassin n’a laissé aucune trace. Les investigations se poursuivent, mais rien n’avance, à l’exception de son obsession pour cette affaire…

La nuit du 12 film movie

En règle générale, l'intérêt d'un polar réside dans la résolution de son enquête. Pour son nouveau film, et son retour à Cannes après de longues années, Dominik Moll ("Harry un ami qui vous veut du bien", "Lemming") a opté pour le pari inverse, révéler dès le carton initial l'issue du métrage : l'assassin ne sera pas retrouvé. Car le film prend pour intrigue l'une de ces affaires sans conclusion, les fameux cold cases. En parallèle d'un pot de départ d'un membre de la police judiciaire, la caméra suit Clara, une jolie jeune femme qui, fatiguée par une soirée entre copines, décide de rentrer chez elle. Elle est joyeuse, prend le temps de faire une vidéo pour Stéphanie, alias Nani, sa meilleure copine. Puis, l'inouï se produit, la violence surgit d'un coup dans le plan. Un murmure, un homme cagoulé, de l'essence. Elle sera brûlée vive.

Toute la suite de "La Nuit du 12" va essayer de comprendre, apporter des réponses à l'impensable. Qui a bien pu attendre sur un banc avec un bidon le passage de la victime ? La difficulté est que beaucoup de gens auraient pu commettre le crime, et c'est même peut-être « tous les hommes qui sont coupables ». Clara était pleine de vie, elle aimait multiplier les relations en raison d'un besoin viscéral de plaire. Sa légèreté devient un mobile, les recherches se focalisent sur sa personnalité, comme si elle devait se reprocher quelque chose, forcément puisque c'était une femme qui portait des jupes. Et le drame de s'inscrire dans un discours féministe.

Si la subtilité n'est pas au rendez-vous, le métrage a le mérite de questionner la perception des agressées lorsque les agresseurs sont généralement des hommes, jugés par des hommes. N'épargnant pas non plus la misogynie systémique qui règne dans les commissariats, le film se perd malheureusement trop dans des sous-intrigues, dans cette étude de personnages non maîtrisée, dressant des portraits inégaux d'individus dont les stigmates du labeur sont bien visibles. Avec un symbolisme parfois appuyé (le policier obsessionnel qui tourne en rond dans ce vélodrome) et un esthétisme questionnable (les fondus enchaînés...), cette nouvelle réalisation du cinéaste derrière "Seule les bêtes" ne tient pas toutes ses promesses, mais ose refuser le suspense pour se concentrer sur ses protagonistes. Dans un genre aussi codifié, la démarche mérite d'être saluée.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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