Bannière Festival de San Sebastian 2021

KICK-ASS

Un film de Matthew Vaughn

Pas de pouvoirs, pas de responsabilités

Dave Lizewski est un adolescent comme il en existe des millions. Passionné de comics, il se demande pourquoi personne n’a jamais essayé de faire comme dans ces histoires, pourquoi personne n’a jamais voulu devenir un « super-héros » et combattre les criminels. Il devient donc un justicier, un héros sans pouvoirs répondant au nom de « Kick-ass »…

Même si l’on peut remonter jusqu’en 1978 avec le « Superman » de Donner, c’est depuis la fin des années 90’s (« Blade » en 98) que les films de super-héros et les adaptations de comics ont envahi les écrans. Alternant entre le très mauvais (« Catwoman », « Daredevil ») et le très bon (« X-Men 2 », « Spider-man 2 »), toute cette série de films reste quand même basée sur le même schéma. Même si parfois leur auteur va insuffler une originalité stylistique qui fait toute la qualité du film (« Blade 2 » et « The Dark Knight »), un traitement fidèle au travail du créateur (« Sin City ») ou même quelques ovnis sortant du schéma classique habituel (les films de Zack Snyder « 300 » et « Watchmen »), il faut se tourner vers deux créations originales pour avoir une analyse du mythe du héros et de sa place dans la vie quotidienne « Les Indestructibles » de Brad Bird et « Incassable » de M. Night Shyamalan. « Kick-ass » de Matthew Vaughn est à la fois la parfaite synthèse de ces dix dernières années « costumées » et un dépoussiérage (qui devenait obligatoire) de tout ce que l’on connaît, en y ajoutant l’élément le plus vital et original : l’histoire se passe dans notre « monde » et personne n’a de super-pouvoirs !

Déjà auteur DU polar anglais des années 2000 avec « Layer Cake » et d’un honnête film de Fantasy (« Stardust ») Vaughn nous présente une fois de plus un film original, qui sait tirer parti du meilleur de ce que l’on peut trouver dans le même genre, sans jamais tomber ni dans la parodie, ni dans le cynisme. « Kick-ass » est plein de bon sentiments, « Kick-ass » est violent, « Kick-ass » est drôle ! « Kick-ass » se démarque complètement de toutes ces productions formatées dont on commence à se lasser. Ce n’est pas une histoire originale puisque tirée d’un comics de Mark Millar, l’homme derrière le renouveau de Marvel avec « The Ultimates », mais surtout connu pour sa capacité à critiquer ouvertement la société actuelle à travers chaque bulle. Son constat est simple, personne n’a jamais écrit une histoire sur un lecteur voulant devenir comme ses héros de papier, alors il va le faire. « Kick-ass » est donc une petite révolution dans le monde du comics (mais comme chaque nouvelle histoire de Millar en fait). Le résultat est il adaptable à l’écran ? N’est il pas difficile de passer d’un lectorat d’initiés à des salles de spectateurs pas forcément accoutumés au thème ?

Le résultat est satisfaisant à 200 % ! Jamais le spectateur ne se sent largué et écrasé par des références multiples comme ça aurait pu être facilement le cas. Pourtant, ces références sont belles et bien présentes, puisque nous suivons les aventures d’un fan hardcore de comics. Que ce soit dès l’ouverture sonore et les répliques cultes tirées des classiques (« C’est un oiseau » de superman), les références visuelles (le 1er plan avec son héros ailé sur un New York assez picturale fait beaucoup penser à Alex Ross) et des astuces de réalisation (les cases tirées de BD pour situer le spectateur de le temps), Vaughn pense du début à la fin à son spectateur et nous offre un spectacle intelligent, complètement fou et rafraîchissant ! Nos héros sont des gamins se prenant pour des justiciers tout en gardant leurs préoccupations d’adolescents (les filles, savoir comment va se terminer « Lost », etc.). Et comme ils ne sont pas des personnages complètement déconnectés de la réalité, l’identification (il y en a pour tous les âges en plus) et l’immersion est immédiate et totale. On veut être ce héros !

Supporté par un casting ultra efficace, il faut surtout noter un très bon Nicolas Cage, en pseudo « Batman » inspiré de celui joué par Adam West dans les années 60 (les mêmes poses !!!) et la prestation ENORME de Chloé Moretz dans le rôle de Hit-Girl, une gamine de 11 ans qui flingue, qui découpe et qui jure tout les 2 mots (la V.O. s’impose !). Son personnage devient instantanément un classique !

« Kick-ass » est donc un film qui ne ressemble à aucun film de super-héros comme vous en avez déjà vu et on en redemande déjà, tellement le résultat donne la pêche et permet de croire que l’on peut encore être inventif et novateur dans un domaine où l’on croyait que tout avait déjà été fait et vu !

François ReyEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

À LIRE ÉGALEMENT

COMMENTAIRES

moiitou

dimanche 31 mai - 8h55

Excellent film.
Bone critique justifiée.

Laisser un commentaire