banniere-reflets-2019-2

JE VOIS ROUGE

Avec

Un documentaire vibrant et touchant

Après avoir grandi en France, Bojina ressent le besoin de retourner en Bulgarie. Là-bas, alors que des manifestations à l’encontre du communisme se multiplient, elle commence à s’interroger sur les propres liens de sa famille avec le parti. Et si plusieurs de ses proches avaient été membre de la police secrète du régime ?

Je vois rouge film image

Après la chute du Mur de Berlin, les parents de Bojina ont décidé, comme beaucoup, de partir vers l’Ouest. C’est en France qu’ils atterriront avec leur petite fille alors âgée de huit ans. Et alors que le séjour devait être de courte durée, la famille s’installera définitivement dans nos contrées, permettant à sa progéniture de suivre une scolarité exemplaire qui la mènera notamment sur les bancs de l’ENS et de la FEMIS. Mais alors que son désir de cinéma grandissait, son envie de renouer avec ses racines également. De retour en Bulgarie, elle commence à s’interroger sur les liens de sa famille avec le parti communiste. Et suite à une conversation avec son moniteur d’auto-école, une question vient même lui tarauder l’esprit : est-il possible que ses grands-parents, voire même sa mère ou son père aient été membres de la police secrète ?

Débutant au cœur des manifestations contre les « ordures rouges », ces anciens apparatchiks reconvertis en mafieux mais toujours au pouvoir, le documentaire suit avant tout le cheminement d’une jeune femme pour connaître la vérité. Pas une exactitude universelle, mais une pensée intime, le besoin de connaître le passé de son clan pour pouvoir avancer dans sa propre existence, quitte à se brouiller avec celui-ci. Entre conversations par Skype, enquêtes et allers-retours aux Archives, le film se transforme progressivement en une sorte de thriller d’espionnage où le spectateur voit sa curiosité grandir au fil des minutes. Avec une forme ancrée dans son époque et une dramaturgie empruntant à la fiction, "Je suis rouge" s’avère une belle surprise, une quête personnelle que le Cinéma érige en une œuvre féconde, dans laquelle les fantômes d’autrefois côtoient les vestiges du régime communiste. Sa sélection au Festival de Berlin n’était pas dû au hasard.

Christophe BrangeEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Bande annonce : « Je vois rouge », de Bojina Panayotova from JHR Films on Vimeo.

Laisser un commentaire