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JE SUIS UN CYBORG

Un film de Park Chan-wook

Délirant et poétique

Après s'être s'être volontairement electrocutée à l'usine où elle travaille, une jeune femme est internée. Elle avoue alors à sa psychiatre qu'elle est en fait un cyborg, et sa santé commence à se dégrader, car elle est persuadée qu'elle ne peut pas manger sans âbimer ses rouages métalliques...

'Je suis un cyborg' est un délire visuel et spirituel parfaitement assumé par le réalisateur coréen de 'Old Boy'. Le spectateur, béat, y est invité à un incroyable voyage dans une maison de fous, où la jeune héroïne à l'incroyable chevelure croise d'autres doux dingues. Avec la rencontre d'un jeune homme qui passe son temps derrière divers masques, c'est finalement à une histoire d'amour que Park Chan Wook nous convie, loin des penchants ultra-violents de ses précédents films (hormis lors d'une scène fantasmée de mitraillage à tout va). Et son scénario allie à une noire fantaisie quelques moments de poésie pure, comme la jolie scène où le garçon rentre par amour dans le jeu, et fait semblant d'ouvrir un boitier de commande dans le dos de la fille pour lui implanter une extension lui permettant de manger à nouveau, allant jusqu'à bruiter lui-même les grincements des structures métalliques qui la composent...

Avec une certaine stupéfaction, on se laisse aller de surprises en surprises, le réalisateur s'engageant dans des principes de traitement originaux et autres délires barrés, comme la virée dans l'imagination des autres patients, et notamment la séquence d'envol grâce à des chaussettes électrostatiques que l'on frotte. Confiant, Park Chan Wook ose tout, même des scènes chantées en yodle suisse, qui interprétées par des coréens, donnent simplement... un grand moment de cinéma. Grâce à sa sensible et perturbée héroïne, qui s'arrête extatique face à la première source lumineuse ou d'énergie possible, il livre un discours moderne sur l'anorexie et l'isolement des jeunes, souvent désireux de devenir autre et incapables de communiquer. Le tout en mettant en avant un généreux discours sur l'entraide.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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