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JCVD

Un film qui joue un double jeu

Alors qu'il revient en Belgique, l'acteur Jean Claude Van Damme est déposé par un taxi devant un bureau de poste. Quelques minutes après, des coups de feu sont tirés, et les flics sont persuadés que c'est lui qui a pris les clients en otages. Mais la situation n'est peut-être pas si simple...

Le film s'ouvre avec une parodie à peine appuyée, des films de karaté qui ont fait le succès du célèbre acteur belge. Critique de l'ingérence des acteurs dans la mise en scène ou de leur perfectionnisme, cet improbable plan séquence, joliment gâché, affiche d'emblée le double discours tenu par le film. Car celui-ci oscille en permanence entre l'hommage à la personne et la critique du professionnel devenu homme public. Morceaux de bravoures d'une fan chauffeur de taxi agacée par une vie privée dans laquelle elle n'est pas admise, insistance pour une démonstration et imitation des geste de l'expert pour un braqueur amateur, les occasions sont légions pour victimiser la star déchue.

Gentillement, Van Damme règle aussi ses comptes avec une profession à la mémoire courte (John Woo qui le lâche dès son arrivée aux USA, et réalise « Volte Face » avec d'autres, des directeurs de castings qui choisissent Steven Seagal parce qu'il a décidé de se couper sa queue de cheval...), et avec des médias qui préfèrent le sulfureux (la déchéance par la drogue) à la franchise. Et l'on se surprend à être émus par le passage en lévitation, durant lequel l'acteur se livre face caméra, dans un dialogue intérieur retraçant un parcours pas si facile. Les « aware » et autres anglicismes sont rapidement relégués au second plan, amusant juste au passage. Quant à la la forme (image ton sépia, surexposée), elle agace rapidement. Heureusement, le montage, en flash-backs successifs, dévoile la vraie nature de l'homme, démystifié avec soin jusque dans la dernière scène. Une réussite, surprenante d'une humanité bien cachée sous les muscles.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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