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JACK ET LA MÉCANIQUE DU COEUR

Peu convaincant

Jack est né un jour de grand froid, avec le cœur gelé. La sage-femme qui l'a mis au monde, et à laquelle la mère de Jack l'a abandonné, a réussi à le sauver, en lui greffant une horloge à la place du cœur…

Adaptation cinématographique du roman et de l'album éponymes signés du chanteur de Dionysos, Mathias Malzieu, "Jack et la mécanique du cœur" était l'un des films d'animation français les plus attendus de cette année 2014. Œuvre inclassable, ce récit initiatique et amoureux, autour de la rivalité entre deux hommes tous deux épris d'une jeune femme joueuse d'orgue de barbarie (puis danseuse dans un cirque des curiosités andalou) agace un peu par le côté dandy en herbe de son personnage principal, et par un trop-plein d'imagination, faisant du monde où évolue Jack, un décor de carton-pâte aussi factice et faussement inspiré, que captivant par moments.

L'aspect tordu des décors, aux maisons évasées ou penchées, frappe d'emblée, et semble issu d'un stylisme un peu forcé qui lorgne vers Tim Burton, sans en retrouver la fantaisie. Si la jolie parabole du cœur de glace pour le garçon et du corps d'épines pour la jeune femme séduit, les moments de contact entre les deux héros étant plutôt convaincants et réussis côté chanson, il n'en est rien du reste. Il faut dire que le film offre d'un côté quelques fulgurances, lors de la scène de rencontre entre les deux tourtereaux, ou des passages en voyage, représentant le train à l'aide de pliages papiers, ou évoluant d'Andalousie jusqu'à Paris sur un décor façon livres en 3D.

Mais il aligne de l'autre côté les mauvaises idées, telle la pénible scène d'ouverture, graphiquement peu réussie (le gel qui se répand, jusque dans la maison de la sage-femme, où c'est le chat à lunettes tordues qui ferme la fenêtre...), l'insupportable scène du train accordéon, avec l'apparition incongrue de Jack l'éventreur... et la peu utile présence de Méliès – si ce n'est pour le plaisir d'entendre la voix du trop rare Jean Rochefort – en sorte de mentor improbable. Reste la qualité de quelques-uns des morceaux, comme « Flamme à lunettes » ou « La Panique mécanique »...

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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