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INTERSECTIONS

Un film de David Marconi

Panique dans le désert !

Un couple de riches américains, un dangereux trafiquant de diamants, une jeune femme mystérieuse accompagnée d’un bébé, et un énigmatique homme tout droit sorti du désert… À première vue, ces individus ne semblent pas avoir grand-chose en commun. Pourtant, leurs destins vont se retrouver intimement liés après un accident dans le désert. À moins que le hasard ne soit pas l’explication la plus rationnelle. L’un d’eux tient-il les rênes de cette situation ?

David Marconi revient derrière la caméra pour la seconde fois après s’être contenté d’écrire les scénarios de « Die Hard 4 » et « Ennemi d’État » ces dernières années. Une nouvelle fois, le metteur en scène s’attaque au thriller survitaminé en plongeant ses protagonistes en plein cœur du désert marocain. C’est alors que des individus que tout oppose se retrouvent obligés de coopérer après un terrible accident. Tout l’enjeu du métrage va être d’entretenir un suspense sur les véritables raisons de cet évènement, chacun dissimulant bien plus de secrets qu’on pouvait l’imaginer. Et malgré les nombreux défauts de l’ensemble, force est de constater que celui-ci parvient à nous entraîner dans son univers et à nous tenir en émoi jusqu’au prochain retournement de situation.

Mais si l’imbrication entre tous ces destins a été conçue de manière relativement intelligente, la mise en scène théâtrale et les dialogues dignes d’une cour de récré offrent au film les habits du nanar. En effet, bien que certains ressorts scénaristiques nous déconcertent véritablement, d’autres sont à la limite du risible, tant ceux-ci paraissent irréalistes. À force de vouloir surenchérir dans les révélations abracadabrantesques, David Marconi finit par tomber dans une overdose caricaturale de situations peu convaincantes, en particulier les twists finaux. Le long-métrage plonge alors irrémédiablement vers les profondeurs abyssales du nanar où la violence est censée combler la stupidité ambiante.

Le casting international, composé notamment du frenchy Roschdy Zem et de la québécoise Marie-Josée Croze, est le véritable salut d’ « Intersections», sauvant ce qui peut l’être. Alors que le film partait sur des bases solides, avec un premier contact entre les protagonistes habilement mis en scène, l’écueil de la surenchère stupide de retournements de situation improbables n’a pu être évité. En recherchant à susciter à tout prix l’étonnement chez les spectateurs, les scénaristes ont oublié de travailler à la cohérence du métrage, le condamnant inévitablement à un récit superficiel et aberrant. Quant à la psychologie des différents personnages, celle-ci a complètement été occultée. La plus grande stupéfaction est ainsi de voir comment le métrage est progressivement dépossédé de toute forme de qualité.

Christophe BrangeEnvoyer un message au rédacteur

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