Parce qu'on en a jamais assez !

IGOR

Un film de

Délicieusement sombre et drôle

Au pays de Malaria, chaque savant fou a son Igor, petit être souvent bossu, qui est principalement chargé d'actionner la manette déclenchant les infernales machines de son maître. Alors que se prépare le concours annuel de l'invention la plus maléfique, l'un des savants décède, laissant à son Igor et à ses amis, la main (si je puis dire) pour créer une chose des plus destructrices...

Formidable petit dessin animé que cet « Igor », dont les détournements multiples et l'humour noir font nécessairement penser à Tim Burton. Bourré d'idées noires et réjouissantes, le scénario se base surtout sur un trio de personnages des plus solide. Hormis Igor, touchant bossu, les petits comme les grands vont adorer la bêtise de « Brain » (le cerveau mis en bocal... qui écrit lui même son nom, Brian, avec un « i » à l'envers) et la méchanceté suicidaire du lapin devenu immortel après avoir été écrasé par une voiture et recousu par Igor ! Le cynisme de leurs situations est aussi savoureux que leurs réactions, notamment face à la prise d'assurance de leur ami devenu savant malgré lui.

Il faudra être certainement un peu plus âgé pour apprécier à leur juste valeur les allusions à la comédie musicale « Annie », qui devient ici une source de dévastation. Frankenstein n'est pas non plus très loin, et la créature concoctée par le savant en herbe, s'avèrera aussi touchante que perturbatrice. Les riches et sombres décors s'allient parfaitement au ton macabre d'une histoire au rythme soutenu, pour laquelle les scénaristes se sont quelque peu lâché côté absurdité. Peu de réalisme dans tout cela, mais pour une fois qu'un héros est vilain et pas « tout mignon », on ne va pas se plaindre.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire