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HUBERT SELBY JR : IT’LL BE BETTER TOMORROW

Un film de Michael W. Dean

Histoire d’un ex junkie

La vie d’un auteur en marge. Ecrivain, névrosé alcoolique et drogué, Hubert Selby Jr a recommencé à remonter la pente à 40 ans. La suite de sa vie lui a permis alors de raconter ses diverses expériences et autres souvenirs en les passant au mixeur de ses troubles visuels et mentaux, souvenirs de son ancienne époque de junkie…

Si Hubert Selby Jr n’a réellement connu le succès que tardivement, c’est que la perception du monde existant ne lui est apparue qu’après un épisode douloureux de sa vie. Tuberculeux à 17 ans, drogué et alcoolique à 25 ans, il devient sobre à 40 ans. Ce documentaire permet de retrouver tous ses amis, ses collègues d’expression et les interprètes de son œuvre, musiciens, écrivains, acteurs et réalisateurs. Tous reviennent sur l’existence de cet homme torturé, au sourire malicieux permanent, ce malgré un aspect physique des plus malingre.

Même si le tout manque de rythme et d’émotion, on souffre à la vision de cet homme en perpétuel combat d’autant que son style est assez novateur. Et c’est bien là, le point le plus positif de ce film : l’étude de son style d’écriture, qui repose essentiellement sur son utilisation de la ponctuation et des majuscules afin de renforcer l’effet et le caractère de ses personnages. D’autant qu’à l’époque, au milieu des années 60, il était alors le seul alors à détourner les règles grammaticales, ce qui l’a aussi bien fait remarquer, que mis en danger. La démonstration est claire et concise, mais malheureusement les louanges des amis, aisément compréhensibles, alourdissent le propos et ralentissent le film. Surtout que le découpage est très haché, et qu’on a plus à faire à des chapitres qu’à un film en tant que véritable ensemble.

En fin de compte un documentaire qui permet de découvrir un auteur, également scénariste, mais qui esquisse à peine l’homme, laissant seulement une impression, agréable certes, mais juste une impression. Et pour un écrivain adepte des descriptions même effrayantes, cela ne suffit pas !

Guillaume BannierEnvoyer un message au rédacteur

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