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HONDALEA : ABISMO MARINO

Un film de Asier Altuna

Chronique d’un projet grandiose

Dans la baie de San Sebastián, au Pays Basque espagnol, la maison du gardien de phare de l’île de Santa Clara, située à la sortie de la baie de la Concha, devient le cœur d’un projet artistique inattendu dans lequel l’océan a pleinement sa place…

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C’est forcément au Festival de San Sebastián que l’on a découvert le documentaire "Hondalea", dont l’essentiel de l’intrigue, chronique de la conception d’une œuvre d’art immersive cachée derrière les murs d’une ancienne maison de gardien de phare inhabitée depuis 1968, se déroule dans la ville en question. Située à la limite de la baie où se trouve la fameuse plage de la Concha (du fait de sa forme de coquille Saint Jacques… devenue d’ailleurs le symbole du festival, en plus de sa récompense principale) cette maison accueille donc une œuvre à part.

L’œuvre, signée Cristina Iglesias, consiste en effet à recréer une grotte à l’intérieur de la coque que forme le bâtiment, dans laquelle la mer viendrait par vagues remplir la base, l’eau se fracassant sur les rochers et concrétions artificielles, avant qu’un effet siphon ne l’évacue, nous faisant ainsi retourner à marée basse. Je dis bien la mer, car côté espagnol l’océan Atlantique qui fait face à Biarritz au Pays Basque français, devient étrangement la mer de Cantabrie une fois la frontière passée, l’Atlantique ne réapparaissant qu’au droit de la Galice, à la pointe Nord Ouest du pays.

Montrant d’abord les lieux « vides », usés par le temps et le labeur passé, la caméra s’attarde sur les rares éléments qui seront conservés, comme la coupole en cuivre. On suit ensuite, entre interviews et témoignages des maîtres d’œuvres, le choix des matériaux adéquats, les essais d’arrivée d’eau, et autres étapes jusqu’à l’ouverture au public. Si « ce qui n’est pas accessible stimule la curiosité », on ressort en tout cas avec une forte envie de prendre le bateau pour cette île, et d’entrer dans ces lieux étranges, à la recherche d’une alternative poétique et fascinante au réel.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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