L'HOMME SANS PASSÉ

Un film de Aki Kaurismäki

Un conte optimiste de la pauvreté

Un homme, venu chercher du travail à Helsinki, se fait assommer et devient amnésique. Il va réapprendre à vivre dans les bidon-villes de la cité…

Si le cinéma d'Aki Kaurismaki recèle une grande singularité, c'est bien dans la faculté du metteur en scène à sublimer de petits riens, à faire jaillir un rayon de gaieté des zones les plus sombres et sales de l'existence. En plantant son décors dans les caravanes, containers et autres amoncellements de détritus où vivent les dénommés 'rebus' de la société, l'auteur donne le ton de son nouveau film.

Ici rien que des couleurs sombres ou ternes, le seul rouge un peu vivace se trouve dans les cols des uniformes de l'armée du salut. Rien ne donnerait envie de vivre ou de rire. Et pourtant, notre héros, détruit, va incarner la malice de ces exclus de la société, et trouver l'amour au milieu de la crasse.

Kaurismaki joue formidablement du décalage entre expressions du visage et situations, entre symboles et actions ( l'homme, entouré de bandelettes, tel une momie, se relève), entre noirceur du contexte et humour simple. Un régal d'humanisme et de générosité, à voir d'urgence.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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