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L'HOMME DE SA VIE

Un film de Zabou Breitman

Quand le moment fondateur d'un amour profond ne paraît pas si intense

Alors qu'ils viennent d'accueillir des amis pour quelques jours dans leur maison de campagne, un couple avec enfant décide d'inviter leur voisin à dîner. Libre dans son mode de vie comme dans ses paroles il ne tarde pas à leur faire savoir qu'il est homosexuel...

La principale qualité du nouveau film de Zabou en est aussi le principal défaut. Formellement très réussi, "L'homme de sa vie" bénéficie d'une photographie aux couleurs sublimes, dont les contrastes sont judicieusement renforcés par le choix des costumes, comme l'ampleur des décors naturels (le champs de tournesols...). Malheureusement le montage du film en alourdi le propos. Si l'idée était bonne de renvoyer en permanence au moment fondateur du lien indicible qui uni ces deux hommes que tout oppose, la faiblesse de la passion qu'il dégage ne permet pas de croire réellement en l'affection qu'ils éprouvent en secret l'un pour l'autre.

Cette attirance transparaît pourtant dans les gestes de chacun, dans les frôlements que la réalisatrice met en exergue, comme dans les regards complices qu'elle sait capturer. Les quelques personnages secondaires viennent ajouter à un tableau de famille au sens large plutôt crédible, malgré une inutile scène d'agression entre un père de famille et sa jeune fille opair, qui semble vouloir montrer que les plus pervers ne sont ceux que l'on croit. Saluons cependant Berling et Campan, qui composent avec tact un "futur" couple dont le devenir sera jusqu'au bout, incertain. Une question de choix de vie... peut être.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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