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HATCHI

Un film de Lasse Hallström

Les larmes de la honte

Un soir, en rentrant du travail, le professeur Wilson tombe sur un chiot abandonné sur le quai de la gare. Il décide de l’emmener chez lui, en attendant que quelqu’un vienne le réclamer…

Difficile d’être objectif sur un tire-larme qui fonctionne. « Hatchi » fait partie de ces drames qui réussira, ou ne réussira pas, à vous faire pleurer, selon votre réceptivité aux mélodies lancinantes et aux mélo poussifs. J’avoue moi-même avoir été pris de sanglots compulsifs à la fin de ce conte, alors qu’habituellement ce type de films m’exaspère au plus haut point. Je ne parviens toujours pas à expliquer rationnellement cette réaction psychophysique indépendante de mon plein gré…

Car Hallström (« L'oeuvre de Dieu, la part du diable ») en fait des tonnes avec ses envolées lyriques appuyant les mignonnes séquences de complicité entre le chien et Richard Gere, visiblement emballé de lui donner la réplique. La première moitié du film laisse ainsi présager un énième drame avec cet acteur qui a l’air de choisir ses films en fonction de la potentielle dose de bons sentiments qu’ils peuvent déverser. De ce coté, « Hatchi » ne surprend pas, car il s’agit bel et bien d’un film mièvre qui s’inspire, en plus, d’un film japonais narrant la véritable histoire d’un Akita qui, après la mort de son maître, a passé les dix dernières années de sa vie à l’attendre sortir d’une gare.

Alors pourquoi ce tire-larme aux ficelles si grosses qu’on dirait des cordes, fonctionne-t-il ? Eh bien, malgré sa réalisation loin d’être subtile, le film possède au moins la qualité de se placer au niveau du chien et non des humains, à contrario de la majorité des productions impliquant nos meilleurs amis à quatre pattes. « Hatchi » explore le deuil, mais du point de vue de l’animal de compagnie. Cette inconditionnelle loyauté canine suscite forcément une véritable émotion, certes, appuyée par une musique omniprésente et lancinante mais belle et bien efficace pour le spectateur qui se laissera emporter par cette fable mal réalisée et dégoulinante de morale. La honte après les larmes.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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