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HARRY POTTER ET LE PRINCE DE SANG MELE

Un film de David Yates

Charme perdu

Alors que le danger rode dans Poudlard, Drago Malfoy préparant de sombres méfaits, Dumbledor utilise Harry pour réintégrer le célèbre professeur de potions Horace Slughorn. Les souvenirs de ce dernier pourraient bien receler des éléments de l'enfance de Voldemort pouvant lever le voile sur des secrets qui le rendraient vulnérable...

Mais où est passé le charme des épisodes précédents ? On avait déjà reproché au volet n°5 (« l'ordre du phoenix ») la minceur de son scénario. Ici les scénaristes font traîner en longueur (2h32 !) un récit dont les deux « secrets », et la scène finale, semblent pourtant des éléments cruciaux pour la suite du récit. On avait fait le même reproche au n°2 (« la chambre des secrets ») qui s'avérait quasiment une pâle copie du premier, quelques enjeux modifiés. Mais à la vision de la bande-annonce, trépidante et sombre, de ce nouvel opus (Harry Potter n° 6) on espérait retrouver les tourments du troisième volet (« le prisonnier d'Azkhaban), le plus perturbant des films de la série sortis à ce jour.

Il n'en est rien. Malgré la sublime photo signée du français Bruno Delbonnel, toute cette noirceur semble tourner à vide, alternant avec un humour plutôt efficace et bien dosé, mais ne provoquant qu'une sensation d'articiel. Pourtant les effets spéciaux sont légions, allant du détail (un étrange animal de compagnie) aux plus grandes destructions (les tourbillons de feu provoqués par Dumbledor dans la grotte...). Pourtant les décors aussi sont magnifiquement travaillés (la grotte aux cristaux...), d'une esthétique peut-être justement trop irréprochable. Car finalement à force de noirceur fade, de secrets trop annoncés, de décors trop lisses, on a perdu en route le charme vieillot qui faisait le charme de la saga. Et les habits des anciens paraissent tout à coup bien miteux au milieu d'un monde qui n'a pourtant pas évolué, si ce n'est vieilli d'un an.

Restent les interprètes qui font de leur mieux, pour palier aux défaillances d'un scénario illustratif et d'une mise en scène qui anéantit elle-même ses effets, en anticipant trop à l'avance la révélation de secrets important (dont un seul surprend). Le trio de tête joue de son adolescence maintenant passée, quant à Jim Broadbent, il compose un professeur avide de succès, délicieusement perturbé. Mais cela ne donne que peu de profondeur. Les souvenirs de Voldemort sont réduits au minimum, à ce qui est utile pour la suite, au cas où un esprit simple s'y perdrait...). Et surtout, la clinique et vite expédiée scène finale, ne provoque finalement aucune émotion, alors qu'elle avait bouleversé les lecteurs du livre. On est forcément inquiet pour la suite (deux films pour le livre 7: « les reliques de la mort ») quand on sait que c'est encore le même réalisateur qui officie, avec le même scénariste !

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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