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HAPPINESS THERAPY

Un film de David O. Russell

Encore plus efficace que les meilleurs antidépresseurs !

Après avoir découvert sa femme avec un autre homme, Pat Solitano a légèrement pété les plombs. Lors du séjour en hôpital suivant l’altercation avec l’amant, il lui est en plus diagnostiqué une bipolarité. Le jeune homme voit alors sa vie s’écrouler : plus de femme, plus de travail, plus de maison. Après plusieurs mois de traitement, celui-ci retourne vivre chez ses parents pour se reconstruire et reconquérir son ex-femme. Mais sa rencontre avec Tiffany, une jolie fille un peu paumée, va complètement bouleverser son quotidien...

Une fois encore David O. Russell s’intéresse à des personnages cassés par la vie qui cherchent à remonter la pente. Après « Fighter », le réalisateur poursuit ainsi son exploration des familles américaines perturbées de la middle class en nous plongeant dans le quotidien des Solitano, tribu complètement délurée dominée par une mère légèrement à la ramasse et par un patriarche obsédé par les paris sportifs et exposé à de nombreux tocs. Ces deux-là voient leur quotidien bouleversé par le retour au sein de la maisonnée familiale de Pat Jr. Ce dernier, après avoir découvert l’infidélité de sa femme, a passé ses nerfs sur le visage de l’amant, conduite qui entraîne son internement en hôpital psychiatrique où il apprendra sa bipolarité – sale semaine ! La caméra va alors suivre la reconstruction de cet individu, prêt à tout pour reconquérir son ancienne compagne.

La rencontre entre Pat et Tiffany, jeune veuve nympho et dépressive, marque le véritable point de départ du long-métrage. De cette rencontre entre deux être brisés, le réalisateur tire une pépite jouissive et enivrante, évitant tous les clichés sur les rencontres amoureuses. Totalement imprévisible, le film nous ballade du drame à l’émotion, du psychodrame à la comédie rafraichissante, dynamisant les codes de la comédie romantique, l’humour grinçant en plus. L’alchimie au sein de ce duo fortement loufoque et improbable est parfaite, Bradley Cooper nous démontrant enfin l’étendue de son talent tandis que Jennifer Lawrence impressionne. À chacune de leurs rencontres, bien aidés par des dialogues diablement comiques, les deux acteurs éblouissent et font évoluer intelligemment cette passion charnelle, sans précipitation ou caricature.

Mais outre l’intensité dégagée par le duo d'acteurs, le film est également porté par des seconds-rôles délirants, nous entraînant vers les sommets des comédies américaines. Robert De Niro en superstitieux obsessionnel retrouve enfin un rôle à la hauteur de son talent tandis que le revenant Chris Tucker ravit dans un rôle de fugitif taillé sur mesure. Le scénario multiplie alors les surprises pour voir notre plaisir croître au fil des minutes, jusqu’au concours de danse final, apothéose burlesque délectable. À l’image de ses deux acteurs principaux, « Happiness Therapy » est en permanence au bord de la rupture, brisant nos repères pour mieux nous désarçonner.

David O. Russel a ainsi aisément réussi son pari en sublimant la rencontre entre un bipolaire bercé d’illusions et une jeune veuve dépressive complètement délirante. Entre un humour noir ravageur et de purs moments de folie galvanisants, Bradley Cooper et Jennifer Lawrence nous offrent des compositions à fleur de peau, faisant jaillir à l’écran l’étendue de leurs talents (preuve en est les multiples récompenses qu'ils reçoivent). Véritable cure contre les clichés et les codes convenus des rom-coms, le film est aussi un efficace médicament contre la tristesse, de par sa bonne humeur contagieuse. À consommer sans modération !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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