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LA GRANDE MURAILLE

Un film de Zhang Yi et Zhang Yimou

Du grand spectacle

Alors qu'ils espèrent entrer en Chine, à la recherche de la fameuse poudre noire dont les secrets pourraient les rendre riches, Garin et Tovar voient leurs compagnons décimés par d'étranges créatures. Poursuivis par des tribus barbares, ils n'ont d'autre choix que de se constituer prisonniers auprès des Chinois. Enfermés dans la Grande Muraille, leurs geôliers s'interrogent sur l'étrange patte d'animal qu'ils transportent avec eux...

Malgré les accusations de censure qui ont entouré le semi-échec du film en Chine (certains sites auraient retirées toutes les critiques professionnelles sur le film, histoire d'en faire remonter la moyenne), cette super-production américano-chinoise ne démérite pourtant pas et pourrait bien générer un énorme box-office en ce début d'année dans l'Hexagone. Zhang Yimou renoue étrangement ici avec le souffle épique et un art de la chorégraphie guerrière qui avaient fait son succès notamment dans les palpitants "Hero" et "Le secret des poignards volants". La poésie en moins, "La grande muraille" réserve son lot de surprises et de bravoure, vous tenant en haleine de bout en bout.

Certains critiqueront un fond entièrement voué à la grandeur (passée ?) de la Chine, ricanant face à la symbolique d'un châtiment venu d'ailleurs que serait censée subir une humanité avide de trop de richesses. D'autres, comme moi, y verront une épopée grandiose, aux costumes flamboyants, décors impressionnants et effets spéciaux (et surtout sonores) d'une rare qualité. Grâce à un tournage en plusieurs langues (Mandarin, Américain, mais aussi Espagnol), Zhang Yimou permet à son film d'intégrer avec plus de légitimité les personnages occidentaux comme celui de Matt Damon. Si ce dernier continue ici de s'affirmer en héro de film d'action, c'est dans sa confrontation avec des figures classiques du film de sabre que s'affirme ici l'originalité.

Festival de couleurs (les codes de l'armée plantée sur la muraille réservent des surprises : rouge pour les archers, bleu pour les femmes dont on taira le rôle...), le film est aussi un mariage déroutant entre un fantastique situé quelque part entre Tolkien et Alien, et un film d'époque. Et cela fonctionne, pour peu qu'on se laisse aller au rythme et à la surprise, entre décors de vallées cauchemardesques et intérieurs somptueux, entre armes ou mécanismes improbables et numéros de voltiges maîtrisés. Sursautant ponctuellement sur son siège, le spectateur n'a plus qu'à découvrir cette légende hors du commun, stimulant imagination, rétine et système nerveux.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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