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GOLDEN DOOR

Une recherche poétique du Nouveau Monde

Sicile, 1910, la famille Mancuso abandonne son pays natal et embarque pour un voyage vers une terre rêvée : le Nouveau Monde. Une jeune anglaise aux origines mystérieuses, Lucy, se joint à eux pour ce long périple. Mais tous n’auront pas le privilège de franchir les portes du Paradis…

« Golden door » a reçu le Lion d’argent de la révélation à Venise en 2006. Après « Respiro » (2002), Emanuele Crialese retourne sur sa terre natale, la Sicile, et signe sa troisième collaboration avec l’acteur Vincenzo Amato. Ce dernier transforme toute sa famille de paysans (sa mère, ses deux fils et quelques jeunes filles de parenté) en émigrants pour le Nouveau Monde alias les Etats-Unis. Ils devront alors abandonner les traditions et les vieilles croyances en leur terre. Emanuele Crialese nous raconte cette mutation de l’homme ancien en homme moderne. Il leur faudra 4 semaines éprouvantes de traversée de l’océan pour parvenir à l’étape obligée d’Ellis Island dont le surnom de Golden Door a inspiré le titre du film.

Le film peut se diviser en trois parties. La première est marquée par un profond silence, dans lequel on voit évoluer ces hommes et ces femmes qui abandonnent tout pour recommencer leur vie. Bien que riche au niveau esthétique, cette partie est presque un peu longue et ennuyeuse. Dans le second volet, la famille Mancuso fait la rencontre d’une certaine Lucy (Charlotte Gainsbourg), sortie de nulle part, ce qui est un peu perturbant pour le spectateur. Les scènes se passent sur un bateau, et même si on ne voit pas une seule fois la mer, on y croit ! Enfin, on arrive dans la dernière partie sur la fameuse terre promise. Crialese dénonce alors l’eugénisme, chaque individu étant examiné pour ne garder que les meilleurs. C’est alors la désillusion pour certains qui ne franchiront pas la porte dorée.

Tout le film est ponctué d’images métaphoriques et de symbolismes. Le parcours de ces hommes et de ces femmes devient alors presque initiatique, religieux. On notera surtout la nage des protagonistes dans un fleuve de lait avec des légumes géants flottants ! Symbole surprenant qui est pour Crialese la vision biblique de la Terre Promise, terre d’abondance. On ressent une documentation historique solide, mais le réalisateur met surtout en avant le rêve de l’homme. En ressort un film très esthétique par ses plans travaillés et par sa poésie, mais décevant par son histoire assez banale et par certaines longueurs. Un film à la fois audacieux et étrange ou chacun y trouvera peut-être un Eden…

Anthony REVOIREnvoyer un message au rédacteur

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