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GOAL OF THE DEAD

"Shaun of the dead" avec des crampons au pied

L’équipe de foot de Paris se rend à Capelongue pour rencontrer l’équipe du village dans le tournoi de la Coupe de France. Parmi les joueurs parisiens, Idriss Diago, une star montante qu’un agent veut vendre à un grand club anglais, et Sam Lorit, en fin de carrière, ancien joueur de Capelongue d’où il est natif. Pour accroître les capacités physiques de son fils attaquant de l’équipe capelonguaise, un médecin lui injecte des drogues. Le matin même du match, le livreur se trompe de colis et le père inocule un virus qui transforme son fils en bête sauvage contagieuse…

Sortie en DVD et Blu-ray le 04 juin 2014

Prenez le cultissime film anglais de morts-vivants "Shaun of the Dead" et apportez-y la french touch, soit une campagne bien française, des supporters de foot assez ringards, un petit zinc bien de chez nous, la police municipale bien locale, et mettez-y des zombies qui sont aussi vifs que dans "L’Armée des morts" ou "28 jours plus tard".

Le film débute dans le car de l’équipe de football parisienne qui se rend dans un petit bled affronter une équipe amateur pour la Coupe de France. Et pour l’un des joueurs du club de la capitale, il s’agit d’un retour aux sources. Enfant du pays, il a naguère joué dans la petite équipe avant d’être recruté par Paris suite à un match entre les deux clubs où il s’était distingué. Le village et son meilleur ami de l’époque n’ont jamais oublié cette trahison ! Le père de l’ami en question, docteur généraliste, prépare donc son fils pour cette rencontre (attendue comme une revanche) mais avec des produits peu recommandables. Et le jour du match, il lui inocule sans le savoir un virus qui va le transformer en zombie assoiffé de vengeance et de sang !

C’est donc l’esprit série B qui prédomine dans ce long-métrage, plutôt réussi, de celle que tu regardes entre potes avec bières et pizzas, en passant un bon moment entre rires et tensions. Les filles, ne gâchez pas votre plaisir, le film est vraiment tout public, loin du gore des traditionnels films de zombies ensanglantés avec viscères et cervelles au menu. "Goal of the Dead" cible large pour devenir un de ces films cultes qui plaît au plus grand nombre. C’est clairement un reproche qu’on pourrait lui faire. S’il est en effet un vrai film de genre, il se prive parfois de franchir la ligne rouge qu’on aurait aimé qu’il traverse au moins une fois ou deux.

Découpé en deux parties (Première et Deuxième mi-temps), "Goal of the dead" prend des allures de film Grindhouse. Prévu pour ne pas avoir de date officielle de sortie, le long-métrage a été calibré pour être projeté dans des soirées spéciales avec courts-métrages de genre entre les deux films. Car il s’agit bien de deux films. Un réalisateur et un scénariste pour chaque segment. Un style bien différent pour chacun d’entre eux. La première mi-temps est réalisée par Benjamin Rocher (co-réalisateur de "La Horde") et la seconde par Thierry Poiraud (co-réalisateur de "Atomik Circus"). Il est marrant de constater qu’ils réalisent cette fois-ci leur premier film en solo (1h10 environ chacun) mais qu’ils forment un tout à quatre mains !

Un projet original où les producteurs n’ont pas cherché à y mettre des têtes d’affiche. Place à la jeune génération, encore peu connue mais qui au vu du film mérite de l’être. Alban Lenoir en premier lieu. Ce comédien vu par-ci par-là à la télé ("Hero Corp") et dans des petits rôles au cinéma (il se fait notamment zigouiller par Liam Neeson dans "Taken" !) passe comme une lettre à la Poste dans le rôle du footballeur, fils et père, revenu sur ses terres pour jouer davantage qu’un simple match de foot. Entre immaturité et responsabilité, il joue parfaitement le premier degré avec un fond d’intelligence qui trompe son monde.
Si la première partie installe parfaitement les personnages, auxquels on s’attache facilement, on baille un peu en attendant que le film tienne son heure, le rythme en pâtissant grandement ce qui gâche un peu le plaisir. Mais l’attente est finalement récompensée avec son cliffhanger qui nous scotche à la dernière seconde…. La deuxième partie au contraire ne manque ni de rythme ni de surprises avec cette galerie de personnages impayables. C’est là qu’on prend le plus de plaisir. Alors si finalement le contrat n’est pas rempli à 100 %, les deux films hésitant trop entre comédie d’horreur et film d’horreur comique, l’originalité du projet made in France convient d’être saluée. Et devrait inspirer bon nombre de scénaristes/réalisateurs.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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