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GET ON UP

Un film de Tate Taylor

Un biopic inégal valorisé par son acteur principal

En 1988, le chanteur James Brown braque des gens au cours d’une conférence, parce qu’ils ont osé utiliser ses toilettes. Avant que la police ne le prenne en chasse, il leur explique qu’il a toujours du se débrouiller seul...

Après d’autres chanteurs comme Tina Turner ("Tina") ou Ray Charles ("Ray"), voici que Tate Taylor (auteur du sirupeux mais efficace "La Couleur des sentiments") nous livre un biopic consacré à James Brown, figure de la soul music (il était surnommé « The Godfather of Soul »), inventeur du groove, base du mouvement Funk dont il est considéré comme l’initiateur (au carrefour du gospel, du rhythm and blues, de la soul, du blues et du rock).

Tentant une construction non linéaire de cette vie mouvementée, Tate Taylor jongle entre les époques, chapitrant chaque nouveau saut dans le temps par une année et un surnom de son héros endiablé et têtu. Mais étrangement certains chapitres ne suivront pas ce principe (exemple de son passage à « Paris »), et l’on aura alors du mal à saisir le rapport avec son évolution personnelle et professionnelle, jusque-là au cœur d’un métrage éclaté. Nous racontant sa stratégie marketing qui l’amènera à devenir lui-même producteur, sa séparation de son groupe pour devenir une icône, son implication auprès des troupes au Vietnam, ses débuts chaotiques, le scénario revient régulièrement au traumatisme central de son existence : la relation houleuse entre ses parents, et surtout le départ de sa mère.

"Get On Up" se suit au final laborieusement, malgré la qualité de jeu de l’ensemble du casting, Chadwick Boseman en tête, impressionnant dans ses efforts pour capter les gimmicks, la mégalomanie et l’énergie du personnage. Ceci d’autant plus que le fait que le personnage s’adresse ponctuellement à la caméra n’est pas des plus judicieux. On saluera cependant les efforts notables de reconstitution historique, le film restant cependant inexorablement centré sur l’homme et non sur l’époque ou les influences politiques, aspects qui auraient sans doute mérités un point de vue un peu plus large. Un film qui ne convainc donc malheureusement pas totalement.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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