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GAMINES

Un père et manque

Sybille et ses deux sœurs ont grandi sans leur père. La seule image qu’elles ont de lui est une photo dérobée dans l’armoire de leur mère alors qu’elles étaient enfants. Des années plus tard, Sybille, devenue actrice, revient à Lyon, sa ville natale, pour présenter son nouveau film. C’est alors qu’au fond de la salle, elle reconnaît la silhouette de cet homme jusqu’alors inconnu...

Elles sont trois sœurs : Corinne et Georgette sont brunes, mates et charnue comme leur mère ; Sybille est blonde, filiforme, au teint de nacre… tout le portrait de son père ! Un père renié et caché parce que bohème et alcoolique. Néanmoins, il reste omniprésent pour la mère, qui préférera se sacrifier pour ses filles et sa famille, mais aussi pour les 3 fillettes qui l’imaginent, telle une image d’épinal, mi-ange, mi-démon !

“Gamines” est avant tout le récit d’une enfance ancrée dans les traditions d’une famille d’immigrés italiens. Un clan soudé, fêtard et joyeux, mais qui ne supporte aucun dérapages. Alors, quand une des filles est contrainte de divorcer, mieux vaut sauver les apparences en s’enfermant dans le mensonge et les non-dits. Un joug ancestral qui fait culpabiliser trois petites filles de poser la question qui les taraude : qui est cet homme qui vient régulièrement frapper à leur porte en plein milieu de la nuit. Vilain petit canard, car elle ne ressemble pas à ses sœurs, Sybille est la première à souffrir des quolibets de la famille. Ne sachant quoi leur répondre, elle se forge alors un caractère bagarreur et renfrogné.

“L’artiste” comme l’appelle affectueusement son parrain, confirme sa singularité familiale en quittant dès que possible sa ville natale pour Paris, afin de devenir l’actrice talentueuse que l’on connaît. Cet autoportrait de Sylvie Testud, adapté de son propre roman, est une œuvre touchante qui oscille entre nostalgie et introspection. Un instantané d’une période heureuse et insouciante, entaché d’un drame familiale latent, qui marquera à jamais l’existence des 3 “gamines”.

Malheureusement la mise en scène n’est pas toujours à la hauteur du récit. Certaines scènes manquent d’énergie et traînent un peu en longueur, notamment celles, actuelles, où l’actrice se retrouve à Lyon pour présenter son film. Décousues et sombres, elles contrastent avec les scènes d’enfance bien plus riches et mieux construites. “Gamines” n’en reste pas moins un film attachant qu’on prend plaisir à regarder, ne serait-ce que par son sujet, où chacun peut y retrouver une part de soi : nous avons tous été des enfants et, par nature, une famille sans histoires ça n’existe pas !

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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Gamines :


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