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LA FILLE DU 14 JUILLET

Un désopilant foutraque révolutionnaire

Hector est gardien dans un musée. Un jour sa collègue, Charlotte, lui présente son amie, une jeune femme ingénue qui préfère se faire appeler « Truquette ». C'est le coup de foudre instantané pour le garçon qui n'a de but que de trouver un moyen pour la revoir. Plus tard, Hector tombe sur Pator, un médecin traqué par la police car il exerçait sans diplôme. Sachant que Truquette et Charlotte ont prévu de partir en vacance dans le Sud, ils ont l'idée de leur proposer de les accompagner en automobile. Il pourrait s'agir du plan parfait pour conquérir ces dames, mais un invité surprise, Bertier, le frère de Charlotte s'incruste dans le quatuor…

En ces temps de marasmes économiques, de mesures d'austérité, mieux vaut rire de la situation par laquelle passe la France que de s'en apitoyer. "La fille du 14 juillet" est l'excellente occasion pour se détendre les zygomatiques sur le sujet puisqu'il tourne en dérision à peu près tous les problèmes actuels que traverse notre pays. Comédie folle et farfelue composée principalement de mini-happenings qui en profitent pour tacler gouvernement, crise, police, institutions et banquiers sur la trame d'une histoire d'un coup de foudre des plus banals, "La fille du 14 juillet" se veut burlesque et décalé.

Dès le générique d'ouverture, le défilé désuet du 14 juillet est largement tourné en dérision en mettant en parallèle les apparitions solennelles des gouvernements interchangeables de Sarkozy et Hollande en images accélérées. Puis, avec cet appel à acheter La Commune par une fille vendant des mini-kits entier de révolutionnaires dont cette mini-guillotine qui se transformera en running-gag durant tout le film, il est clair qu'Antonin Peretjatko a choisi de faire dans la pure déconne en tournant en dérision cette culture révolutionnaire bien française. "La fille du 14 juillet" a tout d'une production franchouillarde des années 1970 dans sa forme, et évoque régulièrement la grande période du parti communiste avec des répliques au poil (« Merci Cohn Bendit ! »). Elle reste cependant en même temps profondément ancré dans son temps en évoquant la génération intérim (« Il vous faut fournir des garanties pour prouver que vous êtes motivée à gagner de l'argent. »), les dérives sécuritaires (le Flash-Ball qui monte au cerveau du délinquant) ou encore la division de la population (aoutiens contre juilletistes à cause d'une mesure d'austérité).

Cette dualité se retrouve également dans la forme. De nombreux dialogues sont ciselés juste comme il faut, avec la dose qu'il faut d'absurde pour se moquer d'un problème sérieux alors que la réalisation est bourrée de faux-raccords, de ruptures de rythme donnant l'impression que le film part en roue libre au bout d'une heure. Et même si certains gags tombent à plat et qu'une légère baisse de régime se fait ressentir, notamment lorsque le groupe se sépare, le côté pastiche et potache finit toujours par reprendre le dessus (voir le désopilant diner avec le docteur Placenta). Un très bon délire !

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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