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LES FEMMES DE L'OMBRE

Un film réaliste et émouvant dont on ne sort pas intact…

Louise (Sophie Marceau), résistante française, voit son mari mourir au cours de l’une de leur mission de sabotage. Elle rejoint Londres où elle intègre le SOE, une filière des services secrets britanniques. Sous le commandement de son frère Pierre (Julien Boisselier), lui aussi engagé par l’Angleterre, elle va devoir sauver un géologue britannique capturé par les nazis sur les plages de Normandie. Elle est chargée de recruter 3 autres jeunes femmes pour mener à bien cette mission. Elle choisira Jeanne (Julie Depardieu), une condamnée à mort ; Suzy (Marie Gillain), qui vit en Angleterre sous une autre identité après avoir fui son mariage avec un dirigeant allemand auquel elle s’était destinée ; et Gaëlle (Déborah François), spécialiste en explosifs, arrivée première de sa promotion. En France, elles rejoignent l’hôpital où est retenu le géologue. Sur place, Maria (Maya Sansa), leur complice, les attend. La mission semble se dérouler sans anicroches jusqu’au moment où tout bascule : le géologue meurt, Pierre est enlevé par les nazis, le colonel allemand Heindrich (Moritz Bleibtreu) a compris qu’un débarquement est en préparation. Les jeunes femmes vont devoir composer avec les milliers de grains de sable qui vont venir dérégler le mécanisme…

Ce film bouleversant sur la seconde guerre mondiale est le premier qui mette l’accent sur le rôle important qu’ont joué les femmes au sein de la résistance. En effet, courageuses et héroïques, elles étaient nombreuses à œuvrer en secret pour la libération de notre pays, que ce soit pour le compte de De Gaulle ou de Churchill (le réseau du SOE, qui est évoqué ici, a réellement existé). A la fin de la guerre pourtant, on ne les a pratiquement pas saluées. Ce film permet enfin de rendre aux femmes résistantes les honneurs qui leur sont dus. Bien sûr, elles ne se sont pas battues plus que les hommes, mais en tout cas, pas moins qu’eux, et il est normal qu’on ne les oublie pas.

Le sujet est réellement très bien traité. Le réalisateur a voulu être au plus juste en s’appuyant sur les connaissances et les conseils de l’historien Olivier Wieviorka. Tout y est : que ce soit au niveau des décors (un Paris des années 40 plus réaliste que jamais, des intérieurs soignés), des costumes (tissus d’époque), des personnages (leurs traits sont mis en valeur d’une façon plus moderne et moins erronée), des acteurs (des jeux très justes, de la part d'un très bon casting), que du scénario (signé J-P Salomé et Laurent Vachaud).

Le fait de vivre ces évènements tragiques au travers du regard des femmes rend l'expérience plus réaliste que tout ce que l’on a pu voir jusqu’à maintenant. On comprend mieux les souffrances physiques et morales qu’ont leur a fait subir, les moments de faiblesse et même de trahison qui pouvaient en résulter, mais surtout le courage qu’il fallait pour continuer à se battre, que ce soit par conviction ou par instinct de survie.

Au final, « Les femmes de l'ombre » est l'un des rares films qui permet de se poser la question : « qu’aurais-je été capable de faire dans de telles circonstances » ?

AurélieEnvoyer un message au rédacteur

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