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FELICITA

Un film de Bruno Merle

Menteurs et débrouillards

Tim et Chloé déjeunent dans un restaurant en bord de route, avec leur fille Tommy. Tim demande à Tommy d’enlever son casque à réduction de bruit, afin de lui avouer qu’elle est en fait la fille d’un ami, Aurélien, qui s’était fait plaqué. Et qu’Aurélien est en fait devenu le chanteur Orelsan. Le gamin soupire, conscient qu’il s’agit là d’une blague. Le lendemain, dans leur maison, c’est le branle-bat de combat après un coup de fil. Chloé s’exclame : « ils rentrent un jour plus tôt »…

Felicita film image

Après la (mauvaise) blague initiale, on comprend ce qui unit le couple qui sera au centre de "Felicita" : la complicité, la débrouille, le frisson d’une vie au jour le jour. Et, à voir la vitesse avec laquelle ils débarrassent la maison squattée, où Chloé fait des ménages, ressortant les photos faites à leur arrivée afin de replacer les objets au bon endroit, ils semblent rodés à cela, incluant leur fille dans leurs combines. Rapidement le spectateur est lui aussi inclus dans leur système, ne sachant plus trop ce qui est vrai ou faux (une voiture qui semble les suivre, une affirmation sur une ancienne activité…), ou plongeant dans la paranoïa de l’un d’eux quant à ce qu’il arrive à l’autre.

Mais au travers de ce récit chronométré sur 24 heures, dans lequel la fantaisie est de mise, c’est la responsabilité envers la fille, entre nécessité d’un contact social et isolement au sein l’univers barré d’adultes-enfants de ses parents, qui est mise en évidence. S’isolant régulièrement du monde avec son casque (il n’y a alors pas de son non plus pour le spectateur non plus), créant ainsi un étrange flottement, comme lors des mystérieuses apparitions d’un astronaute, celle-ci semble comme en suspension hors de la surenchère espiègle de ses parents. "Felicita" apparaît ainsi au final, comme un film lumineux, cherchant comme ses personnages, un équilibre entre émulation quotidienne et acceptation d’une certaine responsabilité.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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