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FANTASIA

Un film de Wang Chao

Un drame raté du début à la fin

Une famille recomposée va devoir affronter la maladie du père. Chacun va essayer de se débrouiller pour participer financièrement, les frais d’hospitalisation devenant de plus en plus onéreux. La mère cumule les petits boulots, la fille découvre le monde de la nuit et le fils celui de la rue. Et chacun va alors se retrouver dans une spirale infernale…

Avec « Voiture de luxe », Wang Chao avait triomphé dans la section « Un certain regard » du Festival de Cannes en 2006. Presque dix ans après, le revoilà sur la croisette avec un opus aux thématiques proches. Car il va une nouvelle fois s’intéresser à une famille, et aux fêlures de celle-ci, pour mieux évoquer sa vision de la Chine, de son système de santé à la crise sociale et financière. Mais pour brasser ces grands sujets économiques et politiques, le cinéaste plonge sa caméra au cœur de la rue, au cœur de l’intime, préférant les « petites gens » aux puissants. Dans « Fantasia », le quotidien d’une famille se retrouve bouleversé par la maladie du père, les autres membres tâchant comme ils le peuvent de palier aux besoins financiers liés à l’hospitalisation.

Le problème est que cette peinture d’une famille enfermée dans une spirale de malheurs est esquissée avec une extrême lourdeur, accumulant les événements grotesques et les drames sans aucun souci de la dramaturgie. Contemplatif et faussement réflexif, le métrage ne fait que brasser du vide ; une vacuité abyssale qui ne sera pas comblée par une mise en scène absente. Maladroit et paresseux, le réalisateur n’arrive pas à maîtriser les fils de son récit, celui-ci s’étiolant inexorablement jusqu’à générer un désintérêt total chez le spectateur. Car la froideur de l’image ne fait que renforcer l’ennui du public, aucune empathie ne se créant envers les protagonistes.

Redondant et terriblement mollasson, ce drame n’est finalement qu’un mauvais enchaînement de situations sans âme, déjà vues de nombreuses fois. Sans inventivité et avec de nombreux défauts, aussi bien scénaristiques qu’esthétiques, il ne reste pas grand chose à sauver de ce naufrage. Et lorsque le réalisateur tente d’inclure une pointe d’originalité dans son œuvre, il anesthésie immédiatement ses velléités, comme avec la relation entre la mère de famille et le professeur qui aurait mérité d’être exploitée. Définitivement, le ratage est total !

Christophe BrangeEnvoyer un message au rédacteur

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