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LES ENFANTS DE BELLE VILLE

Un film de Asghar Farhadi

Le prix du sang

Akbar est emprisonné depuis le meurtre d’une jeune fille dont il était éperdument amoureux. Le jour de ses 18 ans, il est transféré d’une maison d’arrêt pour jeunes à une prison pour adultes. Mais à sa majorité, en Iran, un condamné à mort peut voir arriver très vite son exécution. Jugeant son destin injuste, son meilleur ami et sa sœur vont tenter d’obtenir le pardon du père de sa victime, seul moyen pour Akbar d’échapper à la sentence...

Après le succès phénomène voire phénoménal du film « Une séparation » de l’Iranien Asghar Farhadi (70 prix à travers le monde), des distributeurs certainement attisés par l’intérêt suscité par ce nouveau cinéaste ont ouvert les cartons et retrouvé « Les Enfants de Belle Ville », le deuxième film du réalisateur. Un coup marketing pas idiot tant on comprend la ligne artistique et les engagements qui animent Farhadi dans son cinéma. Le film, lui, est un magnifique témoignage sur la situation des condamnés à mort en Iran.

Ainsi, les thématiques de Farhadi se retrouvent d’une œuvre à l’autre. Il traite ici aussi du système juridique iranien et des démarches administratives comme dans « Une séparation », en même temps qu'il questionne sur ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Il ne désigne ni coupable, ni ennemi… comment le pourrait-il avec d’un côté un jeune garçon de 18 ans, dont la folie amoureuse l’a poussé au crime et qui souhaite se repentir face au spectre de l’exécution ; et de l’autre un père meurtri par la disparition de sa jeune fille et qui ne vit plus que dans la passé, sa vie n’étant à présent régie que par le sentiment de vengeance à assouvir…

Au milieu de ces deux extrêmes, un couple en devenir, l’ami et la sœur du condamné. Tous deux dans cette quête du pardon se rapprocheront dans une histoire d’amour impossible et lutteront côte à côte pour un happy end que le spectateur attendra en vain tant l’ambition du réalisateur n’est pas de raconter une histoire avec un début et une fin mais de questionner. Farhadi s’interroge sur la peine de mort, sur la complexité du système judiciaire iranien et sur la question du prix du sang (qui permet dans son pays de payer une dette pour se libérer d’une peine).

Une belle découverte, des comédiens au firmament dont Taraneh Alidoosti au début de sa carrière et que Farhadi mettra en scène dans « Shirin » et surtout « À propos d’Elly ». Entre quelques traits d’humour et certains moments dramatiques, entre conte et film de société, Farhadi surprend à nouveau dans l’analyse des dilemmes qui peuvent nous bouffer la vie. Implacable.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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