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EN ATTENDANT BOJANGLES

Un film de Régis Roinsard

Mentir pour embellir l’existence

Seul à une réception, dans une magnifique propriété au bord de l’eau, Georges prétend selon les convives qu’il croise être de différentes nationalités, tantôt fabriquant de harpons, tantôt de voitures. Démasqué, il se met à danser avec une femme, Camille, ayant entamé seule un étrange ballet, tous deux se jetant à l’eau et s’enfuyant dans la foulée en décapotable. Victimes d’un accident devant une église, ils décident de s’y marier. Neuf mois plus tard, ils auront un enfant, Gary, qui apprendra vite à inventer des histoires, comme ses parents…

En attendant Bojangles film movie

Il est de ces films dont on aurait aimer sentir la fantaisie nous transpercer de part en part, générant l’émotion autour de personnages complexes, parfois torturés, mais capables de vous transmettre une irrépressible envie de vivre. "En attendant Bojangles", adaptation du roman culte éponyme signé Olivier Bourdeaut, fait en quelque sorte partie de ceux-là, de ces déceptions tellement immenses passée une première scène prometteuse. Car derrière ces mensonges visant à embellir une vie quotidienne souvent répétitive et morne, se cachent ici un amour profond, mais aussi les démons de la dépression, le désir d’exaltation pouvant parfois ne pas avoir de limite.

Malheureusement ce genre de film nécessite sans doute bien autre chose qu’une mise en scène bien sage et sans imagination (un comble, vues les histoires que les personnages s’inventent… comme des tremblements de terre qui ne visent que les enfants…), au final bassement illustrative. Celle-ci aurait mérité les envolées poétiques d’un Jean Pierre Jeunet ou les aspects torturés d’un Tim Burton, afin de nous entraîner dans l'univers de ce couple et sa beauté. Incapable de capter non plus la chute progressive du personnage féminin, Regis Roinsard ("Populaire", "Les traducteurs") laisse son trio de formidables interprètes quelque peu en roue libre, et sous exploite clairement les détails d’un décor pourtant très riche (jeu d’échec géant, cigogne apprivoisée, tas de courrier jamais ouvert…). Et si la parabole du Château en Espagne fonctionne, c’est sans doute quasiment là la seule chose dans ce film attendu, qui laisse un goût amer de gâchis, et que même la sublime chanson Mr Bojangles ne parvient à sauver de ses longueurs et de ses aspects artificiels.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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